La Percée de Sedan
En mai 1940, le corps blindé allemand du général Guderian surprend les Alliés en traversant les Ardennes. Le 13 mai, après un bombardement aérien massif par les Stukas, ses troupes franchissent la Meuse à Sedan, établissant une tête de pont. Le commandement français, désorganisé, lance une contre-attaque le 14 mai avec des moyens insuffisants. Cette tentative est écrasée par les Panzers, provoquant l'effondrement du front, la dislocation des unités françaises et une percée stratégique qui mènera à l'encerclement des armées alliées en Belgique.
En mai 1940, le général Heinz Guderian franchit les Ardennes et établit une tête de pont sur la Meuse le 13 mai après un bombardement massif des Stukas qui désorganise complètement le commandement français. Le lieutenant-colonel Pierre Labarthe, commandant le 213e RI, tente de coordonner une contre-attaque le 14 mai avec ses trois bataillons, mais l'assaut frontal du Panzer-Regiment 1 écrase les défenses françaises en quelques heures. Tandis que Labarthe s'exfiltre à pied par la vallée de la Bar en abandonnant son poste de commandement à Chémery, le commandant Robert Gauvain et son IIIe bataillon se retrouvent encerclés dans les bois ardennais, contraints à la reddition. Seuls quelques éléments de la 10e compagnie du capitaine Boillot parviennent à s'infiltrer de nuit vers Vouziers, tandis que le gros du régiment est disloqué et capturé. La brèche de Sedan, large de plus de 30 kilomètres, ouvre la route aux blindés allemands vers la Manche et scelle le sort de la Campagne de France en l'espace de 48 heures.
CHARACTERS
Pierre Labarthe
protagonist
Pierre Brébant
supporting
Capitaine Boillot
supporting
Jean-Robert Lassalle
minor
Général Grandsard
minor
Lieutenant de Maismont
supporting
Heinz Guderian
antagonist
Raoul Couturier
supporting
Robert Gauvain
supporting
aspirant duport
protagonist
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Panel 1:Vue aérienne plongeante sur le massif des Ardennes : une dense forêt de chênes et de hêtres s'étend à perte de vue. Sur les routes sinueuses qui serpentent entre les arbres, une colonne interminable de blindés allemands Panzer III et de camions militaires avance en file serrée, soulevant des nuages de poussière. Les tourelles des chars sont couvertes de branches de camouflage.
Narrator:“10 mai 1940. La Wehrmacht déclenche le plan Gelb. Le XIXe corps blindé du général Guderian s'engage dans les Ardennes — terrain jugé « infranchissable » par l'état-major français.”
Panel 2:Dans la tourelle ouverte d'un half-track de commandement qui roule en tête de colonne, Heinz Guderian se tient debout, des jumelles autour du cou, la main posée sur le bord métallique. Son uniforme feldgrau avec les passepoils roses de la Panzerwaffe est impeccable. Son visage aux traits vifs exprime une concentration absolue. Derrière lui, la forêt ardennaise défile.
“Heinz Guderian: Trois jours pour atteindre la Meuse. Pas une heure de plus.”
Panel 3:Sur la rive sud de la Meuse, dans une tranchée boueuse creusée à la hâte, deux soldats français en capote kaki observent la rive nord à travers des créneaux de fortune faits de sacs de sable. L'un d'eux baisse ses jumelles, le visage blême. En face, sur la colline boisée de la rive droite, on devine des mouvements entre les arbres.
“Général Grandsard: Des milliers de véhicules. Ils arrivent par toutes les routes.”
Panel 4:Plan large sur la Meuse au crépuscule du 12 mai. Le fleuve brille d'un reflet argenté entre ses berges. Sur la rive nord, les premières silhouettes de soldats allemands en feldgrau apparaissent à l'orée des bois. Des phares de véhicules militaires percent l'obscurité naissante entre les arbres. La rive française, en face, semble déserte et vulnérable.
Narrator:“12 mai au soir. Les avant-gardes allemandes atteignent la Meuse. En face, la 55e Division d'Infanterie du général Grandsard tient le secteur — des réservistes de « Série B », mal entraînés, sous-équipés.”
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Panel 1:Ciel du 13 mai au matin. Une formation massive de bombardiers Stuka en piqué — des dizaines d'appareils avec leurs ailes en W caractéristiques — descend en vagues successives sur les positions françaises autour de Sedan. Les sirènes hurlantes des Stukas sont visibles par les freins aérodynamiques sous leurs ailes. Des colonnes de fumée noire montent déjà des villages en contrebas.
Narrator:“13 mai 1940. Dès la fin de matinée, près de 1 500 appareils de la Luftwaffe pilonnent sans interruption les positions françaises. Cinq heures d'enfer du ciel.”
Panel 2:Dans un blockhaus en béton, plusieurs soldats français sont plaqués contre les murs, les mains sur les oreilles, la bouche ouverte en un cri silencieux. Des gravats tombent du plafond fissuré. Une ampoule électrique se balance et clignote. Les visages sont couverts de poussière et de sueur, les yeux écarquillés de terreur.
“Pierre Brébant: Restez en position ! Ne sortez pas !”
Panel 3:À l'extérieur du blockhaus, un obus tombe à vingt mètres et explose dans une gerbe de terre et de fumée. Un soldat français est projeté au sol, son fusil valant à côté de lui. Des fils téléphoniques sectionnés pendent des poteaux brisés. Un camion militaire français brûle sur la route, sa carrosserie tordue.
Panel 4:Gros plan sur une centrale téléphonique de campagne française : les fils sont arrachés, le boîtier renversé sur le sol de terre battue. Un opérateur radio français tente désespérément de remettre les écouteurs en place, mais le câble est sectionné net. Son visage exprime la panique.
“Pierre Brébant: Les lignes sont coupées. On est aveugles.”
Panel 5:À l'arrière des lignes, sur une route de campagne, une colonne de soldats français fuit en désordre vers le sud. Des camions chargés de matériel roulent pêle-mêle avec des fantassins à pied. Certains soldats ont jeté leur casque. Des civils avec des charrettes se mêlent à la débandade. C'est la panique de Bulson.
Narrator:“La destruction des transmissions isole les sous-unités. À l'arrière, une rumeur se propage : « Les chars allemands sont à Bulson ! » La panique dévore l'artillerie lourde de la 55e DI.”
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Panel 1:Vue depuis la rive nord : au niveau de Glaire, des soldats allemands en tenue de combat — régiment Großdeutschland — poussent des canots pneumatiques gonflés dans les eaux de la Meuse. Plusieurs canots sont déjà à mi-chemin. Des soldats rament avec leurs fusils comme pagaies. Sur la rive sud, des tirs de mitrailleuse française soulèvent des gerbes d'eau autour d'eux.
Narrator:“16h00, 13 mai. L'infanterie d'élite allemande traverse la Meuse sur des canots pneumatiques à Glaire et Gaulier. La rive gauche est investie.”
Panel 2:Sur la rive sud nouvellement conquise, des pionniers allemands travaillent à la lueur des projecteurs dans la nuit du 13 au 14 mai. Ils assemblent en urgence les éléments d'un pont de pontons sur la Meuse. Des poutres métalliques sont portées à bout de bras par des groupes de six hommes. Au loin, des lueurs d'incendie éclairent le ciel.
Narrator:“Dans la nuit du 13 au 14 mai, les pionniers construisent un pont de pontons de 8 tonnes. Dès l'aube, les premiers Panzers franchissent le fleuve.”
Panel 3:Au petit matin du 14 mai, une colonne de Panzer III traverse le pont de pontons fraîchement construit sur la Meuse. Les chars avancent lentement, leurs chenilles faisant vibrer les planches du pont. Sur la rive, des officiers allemands en feldgrau regardent passer les blindés, chronomètre en main. Guderian se tient parmi eux, jumelles autour du cou.
“Heinz Guderian: En avant ! Vers Bulson, vers Chémery. On ne s'arrête pas.”
Panel 4:Vue depuis les hauteurs : sur le plateau boisé dominant la Meuse, les premiers Panzer III émergent des arbres et s'engagent sur la route menant vers Bulson. La route descend entre deux rangées de peupliers. En contrebas, on devine les toits du village de Bulson. Les chenilles des chars laissent de profondes traces dans l'asphalte fissuré.
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Panel 1:Dans une solide bâtisse en pierre au centre de Chémery-sur-Bar, le poste de commandement du 213e RI. La salle principale est encombrée de cartes dépliées sur des tables, de téléphones de campagne et de messages griffonnés. Pierre Labarthe, en uniforme kaki froissé et képi d'officier supérieur, se penche sur une carte, le front plissé. Des estafettes entrent et sortent en courant.
“Pierre Labarthe: Les lignes téléphoniques sont toutes coupées ?”
Panel 2:Un jeune officier en uniforme kaki, Jean-Robert Lassalle, tend à Labarthe une feuille de papier couverte de notes manuscrites illisibles. Son visage juvénile est tendu. Derrière lui, par la fenêtre de la bâtisse, une colonne de fumée monte de la direction du nord.
“Jean-Robert Lassalle: Mon colonel, trois rapports contradictoires. Le Ier bataillon dit tenir, mais l'estafette parle de repli.”
Panel 3:Gros plan sur le visage de Pierre Labarthe : mâchoire serrée, yeux fixés sur la carte. Des rides de fatigue marquent son front. Il pose un doigt sur un point de la carte — le village de Bulson — avec une pression visible qui froisse le papier.
“Pierre Labarthe: Bulson est le verrou. Si les Panzers passent là, ils dévalent directement sur nous.”
Panel 4:Un coup de téléphone sonne. Labarthe saisit le combiné. Mais le fil est mort — il n'y a que le silence. Il regarde l'appareil, puis le repose lentement sur sa base. Derrière lui, deux officiers échangent un regard inquiet.
“Pierre Labarthe: Rien. Plus rien ne passe.”
Panel 5:Vue de l'extérieur du PC : la bâtisse en pierre de Chémery-sur-Bar, avec ses volets mi-clos. Une estafette à vélo arrive en dérapant sur le pavé de la rue. Au loin, vers le nord, le ciel est strié de fumée noire. Le village paraît calme mais sous tension — quelques civils observent depuis des portes entrebâillées.
Narrator:“Labarthe commande à l'aveugle. Ses bataillons sont à plusieurs kilomètres. Les estafettes mettent des heures à faire la liaison. L'ennemi, lui, avance à la vitesse des chars.”
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Panel 1:Dans la grande salle du PC de Chémery, Labarthe est debout devant sa carte. Face à lui, trois officiers en uniforme kaki : Robert Gauvain, solide et les bras croisés ; Raoul Couturier, carnet de notes à la main ; Pierre Brébant, mâchoire serrée. La tension est palpable. Des bougies éclairent la pièce.
“Pierre Labarthe: Messieurs, la contre-attaque est fixée au matin du 14 mai.”
Panel 2:Labarthe trace du doigt sur la carte deux flèches pointant vers le nord : l'une vers Connage, l'autre vers Chéhéry. Les trois officiers se penchent pour regarder. Gauvain pose l'index sur le bois de Raucourt, à l'est.
“Pierre Labarthe: Brébant, vous montez plein nord sur Bulson. Couturier, flanc droit vers Maisoncelles. Robert Gauvain: Et mon bataillon, mon colonel ?”
Panel 3:Labarthe regarde Gauvain dans les yeux, puis indique l'extrémité est de la carte — le bois de Raucourt. Sa voix est grave.
“Pierre Labarthe: Vous tenez le flanc extrême droit. Le bois de Raucourt. Vous protégez nos arrières.”
Panel 4:Raoul Couturier lève les yeux de son carnet. Son expression est celle d'un homme qui calcule et qui n'aime pas le résultat. Il parle posément, sans élever la voix.
“Raoul Couturier: Trois bataillons, pas de chars lourds, pas d'artillerie. Face à des Panzers.”
Panel 5:Labarthe se redresse, le dos droit. Son visage exprime une résolution pesante. Il regarde ses trois officiers un à un, lentement.
“Pierre Labarthe: L'ordre vient de Lafontaine. On attaque. C'est tout ce que j'ai à vous dire.”
Panel 6:Gros plan sur les mains de Labarthe qui replient la carte militaire avec soin. Ses mains sont légèrement tremblantes mais le geste est précis. La carte disparaît dans une sacoche en cuir.
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Panel 1:Aube du 14 mai. Dans la rue principale d'un village ardennais à moitié en ruines, une colonne de soldats français en uniforme kaki avance au pas. Ils portent leurs fusils MAS-36 à l'épaule, leurs casques Adrian enfoncés bas sur le front. Des façades éventrées encadrent leur progression. Un enfant observe depuis une fenêtre.
Narrator:“14 mai 1940, aube. Les trois bataillons du 213e RI quittent leurs positions de départ. Vers le nord, vers les Panzers.”
Panel 2:Pierre Brébant marche en tête de sa colonne, képi vissé, visage fermé. Il regarde droit devant lui. Derrière lui, ses hommes avancent en file serrée le long du fossé de la route. Au loin, vers le nord, on entend le grondement sourd des moteurs de chars — visible par les vibrations des feuilles sur les arbres bordant la route.
“Pierre Brébant: Gardez l'intervalle. On reste en colonne jusqu'à la crête.”
Panel 3:À l'est, dans un chemin forestier, Robert Gauvain dirige sa colonne à travers les lisières du bois de Raucourt. Les soldats progressent entre les troncs, courbés. Gauvain consulte une boussole dans sa main gauche, le bras droit pointant vers le nord-est. Son expression est déterminée.
“Robert Gauvain: Par ici. On évite la route — trop exposé.”
Panel 4:Sur la route principale, un convoi de civils fuyant vers le sud croise la colonne de soldats français qui monte vers le nord. Des charrettes tirées par des chevaux, chargées de meubles et de valises. Une vieille femme en noir tient un chat dans ses bras. Un soldat français s'écarte pour la laisser passer, la regardant avec un mélange de pitié et de résignation.
Panel 5:Un Stuka en piqué surgit du ciel au-dessus de la route. Sa sirène hurle. Les soldats français se jettent dans les fossés de part et d'autre de la route — casques, fusils et musettes volent. Une explosion soulève un geyser de terre à cinquante mètres devant la colonne.
“Raoul Couturier: À couvert ! Dans les fossés !”
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Panel 1:Sur les pentes dégagées au nord de Bulson, vers 08h30, les fantassins français du Ier bataillon avancent en lignes dispersées sur un terrain de collines découvertes. Ils courent courbés, baïonnette au canon. Face à eux, sur la crête, les silhouettes massives de Panzer III émergent des bois — leurs canons pointés vers le bas de la pente.
Narrator:“08h30, 14 mai. La contre-attaque du 213e RI heurte de plein fouet le Panzer-Regiment 1 sur les pentes de Bulson.”
Panel 2:Un canon antichar français de 25 mm installé en lisière de bois ouvre le feu. L'éclair de la bouche du canon est visible. L'obus frappe le flanc d'un Panzer III — une gerbe d'étincelles, mais le char continue d'avancer, sa peinture à peine griffée. L'équipage du canon antichar regarde, stupéfait.
“Pierre Brébant: Le 25 mm ne perce pas. Visez les chenilles !”
Panel 3:Un Panzer III pivote sa tourelle et tire. L'obus explose au milieu d'un groupe de soldats français à découvert sur la pente. Corps projetés, terre et fumée. Deux soldats restent allongés. Les autres courent vers les fossés en désordre.
Panel 4:Capitaine Boillot, au milieu de ses hommes, hurle ses ordres. Il pointe son pistolet vers la droite — vers un fossé offrant un abri. Derrière lui, un Stuka passe en rase-mottes, ses mitrailleuses crépitant sur la pente. Des geysers de terre suivent la ligne de tir du Stuka.
“Capitaine Boillot: Vers le fossé, vite ! Ne restez pas à découvert !”
Panel 5:Vue d'ensemble depuis une hauteur : la scène de la contre-attaque en miniature. D'un côté, les silhouettes des Panzers qui avancent méthodiquement en ligne. De l'autre, les petites silhouettes des fantassins français qui courent, tombent, se relèvent. L'écart entre les deux lignes se réduit dangereusement.
Narrator:“Les blindages légers des FCM 36 sont transpercés. Les pièces de 25 mm ne font que griffer les Panzers. La supériorité numérique et la couverture aérienne allemandes submergent le 213e RI.”
Panel 6:Gros plan sur le visage de Capitaine Boillot : sueur, poussière sur la joue, regard fixe vers la ligne des chars qui approche. Il serre la crosse de son pistolet à deux mains. Sa lèvre est coupée. Il ne recule pas encore — mais ses yeux disent qu'il sait.
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Panel 1:Une colonne de Panzer IV et Panzer III avance en formation serrée sur la route de Bulson à Chémery, leurs canons pointés vers l'avant. Les moteurs diesel grondent. Les chenilles broient le macadam. Des soldats allemands en feldgrau courent à côté des chars, se protégeant dans leur ombre. Sur les flancs, des motocyclistes armés de mitrailleuses légères.
Narrator:“Le Panzer-Regiment 1 contre-attaque avec une puissance que le 213e RI n'a aucun moyen d'arrêter.”
Panel 2:Pierre Brébant, à l'abri derrière un mur de ferme en ruine, regarde passer la colonne de chars à deux cents mètres. Son visage est couvert de suie. Il parle dans un téléphone de campagne — mais le fil est mort. Il secoue l'appareil, regarde le fil sectionné pendant dans le vide.
“Pierre Brébant: Labarthe ! Répondez ! Le Ier bataillon est... on est coupés.”
Panel 3:Sur le flanc est, Raoul Couturier dirige ses hommes en retraite par échelons à travers les lisières d'un bois. Il fait signe à un groupe de se replier vers les arbres pendant qu'un autre groupe couvre. La manœuvre est ordonnée — malgré le chaos autour. Des obus explosent sur la crête derrière eux.
“Raoul Couturier: Deuxième groupe, en arrière ! Premier groupe, couvrez !”
Panel 4:Un char FCM 36 français est en feu sur la route, sa tourelle de guingois, une épaisse fumée noire sortant de ses trappes ouvertes. À côté de lui, un autre FCM 36 a stoppé net, ses chenilles arrachées. Les deux membres d'équipage survivants rampent hors du char en feu, leurs combinaisons fumantes.
Panel 5:Dans les bois à l'est, un soldat français court vers Robert Gauvain, hors d'haleine, et lui tend un message griffonné. Gauvain lit la feuille, son visage se ferme. Il lève les yeux vers l'est — vers les profondeurs du bois de Raucourt. Sa main serre le papier.
“Robert Gauvain: Le Ier bataillon est pulvérisé. Chémery est menacé. On est seuls.”
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Panel 1:Dans un fossé au bord d'une route de campagne, une dizaine de soldats français sont couchés à plat ventre, le nez dans la terre. Des obus sifflent au-dessus d'eux. L'un d'eux lève la tête prudemment, casque en avant. La route devant eux est barrée par deux Panzers arrêtés en travers.
Narrator:“Midi, 14 mai. Les trois bataillons résistent séparément, coupés les uns des autres. Chaque compagnie combat pour sa survie.”
Panel 2:Capitaine Boillot rampe le long du fossé vers un groupe de cinq soldats tapis derrière un talus. Il leur montre du geste une trouée dans la haie à leur droite — vers les bois. Les soldats hochent la tête. Un d'eux saisit son fusil-mitrailleur Chatellerault et se prépare à courir.
“Capitaine Boillot: Par la haie. Vers les bois. Un par un. Vite.”
Panel 3:À l'est, dans les bois de Raucourt, Robert Gauvain rassemble ses officiers autour de lui en cercle serré. Ils sont penchés sur une carte posée à plat sur une souche. Des bruits de tirs sourds et des explosions lointaines résonnent. Gauvain trace un chemin vers le sud sur la carte.
“Robert Gauvain: On ne peut plus tenir ici. Repli vers le sud, par les pistes forestières.”
Panel 4:Des soldats français abandonnent une position de mitrailleuse dans un fossé. L'arme — une mitrailleuse Hotchkiss — est laissée sur son trépied, le canon pointé vers le ciel. Les servants s'éloignent en courant vers les bois, portant seulement leurs fusils. Des douilles brillent dans la boue autour du trépied.
Panel 5:Dans un bois dense, Pierre Brébant dirige un groupe d'une trentaine de soldats épuisés qui progressent entre les arbres. Certains s'aident de branches pour marcher. Un blessé est soutenu par deux camarades. Brébant marche en tête, dos droit, regardant droit devant lui malgré la fatigue visible sur son visage.
“Pierre Brébant: On continue. On ne s'arrête pas avant le couvert du bois suivant.”
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Panel 1:À Chémery-sur-Bar, le PC de Labarthe. Par la fenêtre de la bâtisse en pierre, on voit la rue — et au bout de la rue, à deux cents mètres, la silhouette d'un Panzer III qui tourne au coin. Ses chenilles écrasent le pavé. La tourelle pivote lentement vers le bâtiment du PC.
Narrator:“Début d'après-midi, 14 mai. Les Panzers entrent dans Chémery. Le PC de Labarthe est en première ligne.”
Panel 2:Dans la salle du PC, Pierre Labarthe se tient debout face à la fenêtre, les mains derrière le dos. Jean-Robert Lassalle est à côté de lui, une carte roulée sous le bras. Labarthe regarde le char dans la rue. Sa posture est immobile, rigide. Un obus éclate dehors — la fenêtre vibre.
“Pierre Labarthe: Le front s'est effondré.”
Panel 3:Gros plan sur le visage de Jean-Robert Lassalle : jeune, les traits tendus, les yeux rivés sur le Panzer dans la rue. Sa main serre la carte roulée si fort que le papier se froisse. C'est la dernière fois que nous le verrons vivant.
“Jean-Robert Lassalle: Mon colonel, il faut partir maintenant.”
Panel 4:Labarthe saisit sa sacoche en cuir sur la table, y fourre rapidement quelques cartes et documents. Il jette un dernier regard sur la salle du PC — les téléphones morts, les cartes froissées, les tasses de café renversées. Puis il se tourne vers la porte du fond.
“Pierre Labarthe: On sort par derrière. Par la vallée de la Bar, vers le sud. À pied.”
Panel 5:Vue de la porte arrière de la bâtisse : Labarthe sort en premier, courbé, dans une ruelle étroite. Derrière lui, deux officiers d'état-major. Ils longent le mur en pierre, se dirigeant vers le fond du jardin et les champs au-delà. Dans la rue principale, à quelques dizaines de mètres, le Panzer gronde. Un obus éclate sur la façade du PC qu'ils viennent de quitter — pierres et poussière.
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Panel 1:Vue large sur la vallée de la Bar : un cours d'eau étroit serpente entre des prairies et des bosquets. Pierre Labarthe marche en tête d'un groupe de cinq hommes en uniforme kaki, courbés, longeant la berge boueuse. Derrière eux, à l'horizon nord, Chémery-sur-Bar brûle — des colonnes de fumée noire montent dans le ciel d'après-midi. Les hommes progressent en file indienne, sacoche en cuir sur l'épaule pour Labarthe.
Panel 2:Labarthe et le lieutenant de Maismont — un jeune officier aux joues creuses, casque Adrian enfoncé — progressent côte à côte dans une zone marécageuse. Leurs bottes s'enfoncent dans la boue jusqu'aux chevilles. Labarthe tient une boussole dans sa main gauche, le regard fixé vers le sud.
“Pierre Labarthe: Par les marais. Les chars ne peuvent pas nous suivre ici.”
Panel 3:Un motocycliste allemand en feldgrau surgit sur la crête à l'est, à trois cents mètres. Il s'arrête, scrute la vallée. Labarthe et ses hommes se plaquent contre un talus herbeux, immobiles, la tête basse. Le motocycliste repart vers le nord après quelques secondes.
Panel 4:Plan rapproché sur le visage de Pierre Labarthe, dos contre le talus, yeux levés vers le ciel. Sa mâchoire est serrée, sa joue couverte de poussière et de sueur. On entend les moteurs des chars au loin — visible par les vibrations des herbes folles autour de lui. Ses lèvres forment une ligne dure.
“Pierre Labarthe: Lassalle est mort là-dedans. On n'avait pas le choix.”
Panel 5:Vue large : le groupe de Labarthe reprend sa marche vers le sud à travers un bois clairsemé. Entre les troncs, on aperçoit des soldats français isolés — sans unité, sans officier — qui errent ou dorment contre des arbres. Labarthe s'arrête et regarde ces hommes dispersés, la main levée pour stopper sa colonne.
“Pierre Labarthe: Rassemblez-les. Tout homme valide marche avec nous.”
Panel 6:Gros plan sur les bottes de Labarthe qui avancent sur un chemin forestier boueux. Autour de ses pieds, des douilles de cartouches françaises, un casque Adrian abandonné et une musette éventrée. La marche continue — sans s'arrêter.
Narrator:“Vers Tannay. Huit kilomètres au sud. La nuit tombe sur les Ardennes.”
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Panel 1:Vue aérienne plongeante sur le bois de Raucourt et les bois de Sy : une mer de végétation dense et sombre. Sur les routes qui encerclent la forêt, de petites colonnes de véhicules blindés allemands sont visibles — motocyclistes et half-tracks formant un cordon. Au centre, invisible depuis l'extérieur, le IIIe bataillon est piégé.
Narrator:“15 mai. Les bois ardennais au nord du canal des Ardennes. Le IIIe bataillon est encerclé.”
Panel 2:Dans les profondeurs du bois, Robert Gauvain est agenouillé sur une souche, une carte à plat devant lui. Autour de lui en cercle, des officiers et sous-officiers épuisés, les uniformes déchirés et couverts de boue. Certains tiennent encore leurs fusils ; d'autres ont les mains vides. Un lieutenant de réserve aux yeux cernés pointe le doigt vers un point de la carte.
“Robert Gauvain: Le canal des Ardennes est à six kilomètres au sud. C'est notre seule sortie.”
Panel 3:Un groupe d'une vingtaine de soldats français tente de progresser vers le sud à travers une lisière du bois. Ils débouchent sur un chemin — et se figent net. À cent mètres, un half-track allemand est stationné en travers du chemin, une mitrailleuse pointée vers eux. Un soldat français lève les bras, les autres reculent rapidement dans les arbres.
Panel 4:Robert Gauvain reçoit le rapport d'un caporal essoufflé qui revient de la lisière sud, les mains vides. Gauvain écoute, le visage impassible. Derrière lui, d'autres soldats reviennent également en retraite depuis la lisière est — même résultat. Gauvain tourne la tête à gauche, puis à droite : toutes les issues rapportent la même chose.
“Robert Gauvain: L'est aussi ?”
Panel 5:Gros plan sur le visage de Robert Gauvain, de face. Ses yeux parcourent lentement l'espace autour de lui — les arbres, les hommes assis par terre, les visages tournés vers lui. Sa mâchoire se serre. Pas de panique sur son visage — seulement la compréhension froide d'une situation sans issue.
“Robert Gauvain: Toutes les issues sont bloquées.”
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Panel 1:Dans le bois, Robert Gauvain se tient debout face à ses officiers rassemblés. À sa droite, le lieutenant de Bordenave — un homme mince à la moustache fine — tient encore son pistolet à la ceinture. À gauche, des capitaines aux uniformes kaki en lambeaux. Gauvain parle à voix basse, les poings serrés le long du corps.
“Robert Gauvain: Sans munitions. Sans ravitaillement depuis quarante-huit heures. Je ne sacrifierai pas ces hommes pour rien.”
Panel 2:Plan large : dans une clairière du bois, des soldats français déposent leurs fusils MAS-36 et fusils-mitrailleurs Chatellerault en tas sur le sol. Certains retirent leur ceinturon et le posent par-dessus. Les visages sont épuisés, défaits — mais les gestes sont lents et dignes. Gauvain se tient à l'écart, dos à la scène, regardant entre les arbres.
Panel 3:Des soldats allemands en feldgrau avancent entre les arbres vers la clairière, fusils pointés mais sans brutalité. Ils font signe aux Français de lever les mains. Un sous-officier allemand — casque Stahlhelm, visage neutre — s'approche de Gauvain et lui tend la main en direction de son pistolet de service. Gauvain retire lentement son arme de l'étui et la pose dans la main tendue.
Panel 4:Gros plan sur les mains de Gauvain : ses deux mains ouvertes, paumes vers le haut, vides. La main du sous-officier allemand referme les doigts sur le pistolet français. Les mains de Gauvain restent immobiles, ouvertes — un geste de reddition figé dans le temps.
Panel 5:Vue de dos sur Gauvain et une longue colonne de prisonniers français qui marchent entre deux rangées de soldats allemands en feldgrau, hors du bois vers un chemin de terre. La forêt s'éloigne derrière eux. Le ciel est blanc et vide. Gauvain marche en tête de la colonne, le dos droit malgré tout.
Narrator:“Le commandant Gauvain et les officiers du IIIe bataillon entament leur marche vers l'Oflag II-D.”
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Panel 1:Nuit noire dans le bois ardennais au nord du Chesne-Populeux. l'aspirant , accroupi derrière un talus de terre, observe l'obscurité devant lui. Son visage est éclairé par un mince rayon de lune filtrant entre les branches. Derrière lui, une vingtaine de soldats en uniforme kaki tapis dans les fougères — immobiles, silencieux.
Narrator:“Nuit du 15 au 16 mai. Au nord du canal des Ardennes.”
Panel 2: l'aspirant se retourne vers ses hommes et fait un geste de la main — deux doigts pointés vers l'avant, poing fermé ensuite : avancer, silence absolu. Les soldats se lèvent un par un, très lentement, sans bruit. Leurs visages sont tendus. Certains tiennent leurs fusils contre leur poitrine pour éviter tout cliquetis.
Panel 3:Plan large et sombre : la colonne de soldats français progresse en file indienne le long d'un fossé bordant un chemin de terre. À cent cinquante mètres sur la droite, les lumières d'un bivouac allemand — des feux de camp discrets et des silhouettes de sentinelles — sont visibles entre les arbres. Les Français passent dans l'ombre, rasant le fossé.
Panel 4:Gros plan sur le pied de l'aspirant qui se pose avec une lenteur extrême sur le sol — une brindille craque légèrement sous sa botte. Boillot se fige instantanément, le corps raide. Sa tête tourne imperceptiblement vers le bivouac allemand à droite. Cinq secondes d'immobilité absolue.
Panel 5:Plan large : la colonne française émerge en silence de l'autre côté du chemin, dans un bois dense au sud. l'aspirant est le dernier à franchir la ligne — il se retourne une dernière fois vers les lumières du bivouac allemand au loin, puis disparaît entre les arbres. Les sentinelles n'ont rien vu.
Narrator:“La 10e compagnie passe. Les Allemands ne l'ont pas vue.”
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Panel 1:Aube grise. l'aspirant marche en tête de sa colonne sur un chemin de campagne dévasté — des charrettes renversées, des équipements militaires français abandonnés bordent la route. Ses hommes derrière lui avancent mécaniquement, les têtes basses, les jambes lourdes. Certains boitent légèrement. La route est vide — pas d'Allemands en vue.
Narrator:“16 mai, à l'aube. La 10e compagnie marche vers Vouziers.”
Panel 2:Un soldat de la colonne — jeune, les joues creuses, l'uniforme déchiré à l'épaule — trébuche et tombe à genoux sur le chemin. l'aspirant revient sur ses pas immédiatement, attrape le soldat par le bras et l'aide à se relever, l'épaule sous son bras. Il ne dit rien — il regarde devant.
Panel 3:La colonne de l'aspirant approche d'un carrefour. Au centre du carrefour, un poteau indicateur en bois avec deux panneaux : l'un indique « VOUZIERS — 12 km », l'autre est arraché. l'aspirant s'arrête devant le panneau, le regarde. Derrière lui, ses hommes s'arrêtent également.
Panel 4:Gros plan sur le panneau « VOUZIERS — 12 km » en bois peint, légèrement de guingois sur son poteau. Des éclats d'obus ont criblé le poteau de petits trous. La peinture s'écaille. Le panneau est encore lisible.
Panel 5:Vue arrière sur la colonne de la 10e compagnie qui reprend sa marche sur la route rectiligne s'étirant vers le sud. Les silhouettes des soldats s'éloignent dans la lumière grise du matin ardennais. La route est flanquée d'arbres dépouillés par les explosions. Devant eux, au loin, la route disparaît dans la brume matinale.
Narrator:“Le gros du régiment est capturé ou dispersé. Ces hommes-là marchent encore.”
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Panel 1:SPLASH PLEINE PAGE. Vue cartographique et dramatique combinée : au premier plan en bas de l'image, les silhouettes minuscules des survivants de la 10e compagnie de Boillot marchent sur une route vers Vouziers, leurs ombres longues projetées par une aube pâle. Au centre de l'image, une représentation des Ardennes et de la Meuse — la brèche est matérialisée par une large flèche noire qui déchire le territoire français de Sedan vers l'ouest, large de plus de trente kilomètres, indiquée par deux lignes parallèles espacées. Sur cette flèche centrale, des colonnes de Panzer III et Panzer IV roulent en formation serrée vers la Manche — leurs silhouettes stylisées en noir sur fond ocre de poussière. En haut de l'image, à droite, la mer de la Manche est indiquée par des hachures bleues. En haut à gauche, la Belgique et les armées alliées encerclées sont représentées par un ovale de lignes serrées. Le ciel au-dessus de toute la scène est strié de fumée. Dans un coin supérieur droit, une carte schématique avec la légende : « Brèche de Sedan — 15 mai 1940 — plus de 30 km ». L'image entière est en palette limitée : noir, blanc, kaki, rouge sang.
Narrator:“15 mai 1940. La brèche de Sedan dépasse trente kilomètres. Les blindés de Guderian foncent vers la Manche. La bataille de France est perdue en quarante-huit heures.”



