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SEMAINE ORDINAIRE

Une semaine ordinaire

Un narrateur anonyme, ancien enseignant, raconte la semaine qui le mène à commettre un acte de violence. Isolé du monde et rempli d'un mépris froid pour ses contemporains, il observe son environnement, se remémore des souvenirs amers et se familiarise avec l'idée d'utiliser une arme achetée illégalement des années auparavant. La tension monte de manière interne et silencieuse, culminant le samedi par une rencontre banale qui déclenche un meurtre abrupt, le récit s'arrêtant net sur l'acte, sans résolution ni explication.

Le narrateur, ancien enseignant isolé et rongé par le mépris, entreprend un récit clinique de six jours qui le mèneront à l'irréparable : son effacement définitif de la société. Du lundi au vendredi, il traverse la ville en voiture, se remémore son passé étouffant à l'école, et croise régulièrement un voisin âgé dont la gentillesse banale l'insupporte, symbole d'une humanité qu'il rejette. Dans l'ombre, il manipule méthodiquement les archives de sa propre existence — lettres, contrats, souvenirs — qu'il détruit pièce par pièce. Mercredi, il observe le village depuis sa fenêtre avec une fascination glacée pour ceux qu'il juge vides et inutiles ; jeudi, l'insomnie le plonge dans des pensées fragmentées où son détachement du monde devient presque absolu. Vendredi, une conversation anodine avec le voisin — simple remarque sur la météo — déclenche en lui une bascule silencieuse : il rentre chez lui, termine de vider son espace, coupe ses derniers ponts avec l'extérieur, et prend une décision qu'il ne formule jamais. Samedi matin, dans un calme terrifiant, il croise à nouveau ce voisin par un hasard apparent et échange une phrase banale. Puis, l'acte survient sans emphase : le narrateur tourne le dos, feint de ne pas le connaître, et s'en va définitivement, abandonnant sa maison grande ouverte et sa vie derrière lui. Le geste est décrit avec la même froideur clinique que le tri de ses affaires, et le récit s'arrête net sur une observation dérisoire, laissant le voisin face au vide absolu de cette disparition.

Thriller psychologiqueNoirFrench28 pages
▸ CAST

CHARACTERS

Le narrateur

protagonist

Homme d'une soixantaine d'années, ancien enseignant. D'apparence banale et fatiguée, avec des cheveux grisonnants et une posture légèrement voûtée. Corpulence fine. Il porte des vêtements simples et passe-partout de style contemporain (pantalon en toile, pull, veste sobre) qui ne le distinguent pas. Le texte mentionne une fragilité physique : souffle court et mains tremblantes, contrastant avec la violence de ses pensées.

Le voisin âgé

supporting

Homme de plus de 70 ans, au comportement poli et à l'allure ordinaire. Il porte des vêtements simples et légèrement démodés, comme un cardigan ou un pardessus classique. Son visage est marqué par un "sourire vide" selon le narrateur. Il incarne la normalité que le protagoniste trouve insupportable.

La fille

minor

Jeune femme adulte, probablement dans la trentaine. On ne la voit jamais, on ne fait que l'entendre au téléphone. Son existence suggère une vie normale et socialement intégrée, en contraste total avec celle de son père. Elle porterait des vêtements contemporains et simples.

Directeur

supporting

Stature imposante, crâne dégarni. Vêtements "casual" mais avec cravate et veston.

L'inspecteur

supporting

Policier d'une cinquantaine d'années chargé de l'enquête sur la mort suspecte du voisin âgé. Costume simple et froissé, allure fatiguée mais déterminée. Regard scrutateur, gestes méthodiques. Il incarne la ténacité tranquille de la justice face au vide du narrateur.

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Panel 1:Une voiture grise stationnée sur un bas-côté de route grise dans une banlieue anonyme. À travers le pare-brise, on voit des pavillons uniformes et des arbres sans feuilles. Le narrateur, homme d'une soixantaine d'années aux cheveux grisonnants, est assis au volant, immobile. Son visage est de profil, les yeux fixés vers l'avant sans expression. La lumière grise du jour filtre par les vitres. Ses mains reposent sur le volant.

Narrator:Six jours. Pas d'annonce, pas d'explication. Juste un décompte silencieux.

Panel 2:Vue depuis la fenêtre de la voiture : trois pavillons identiques alignés, un supermarché en arrière-plan, une femme avec un sac de courses traverse le trottoir. Chaque élément est banal, répétitif, sans vie apparente. Des voitures garées régulièrement. Un lampadaire blanc. Le ciel est gris.

Narrator:L'humanité réduite à sa plus simple expression : acheter, revenir, dormir, recommencer.

Panel 3:Le narrateur sort de sa voiture. Il porte un pull gris usé et un pantalon beige. Il marche lentement le long du trottoir. À environ quinze mètres, Le voisin âgé apparaît dans son jardin mittoyen, un cardigan gris-bleu sur les épaules. Le voisin âgé tient un outil de jardinage. Il lève la tête et sourit en voyant Le narrateur. Son sourire est large, bienveillant, dénué de calcul. Il lève la main en signe de salutation.

Le voisin âgé: Bonjour ! Quelle journée grise, n'est-ce pas ?

Panel 4:Gros plan sur le visage du narrateur. Ses traits sont figés, inexpressifs. Son regard s'éternise une fraction de seconde de trop sur le sourire du voisin. Ses lèvres esquissent une grimace très légère qui pourrait passer pour un sourire. Une main tremblante se lève pour un geste de salutation.

Le narrateur: Oui, tout à fait.

Panel 5:Retour à une vue plus large. Le narrateur continue de marcher en direction du voisin âgé. Le voisin âgé reste dans son jardin, son sourire toujours présent. L'interaction est banale et superficielle. Le narrateur passe à proximité sans s'arrêter vraiment.

Narrator:Ce sourire. Cet sourire vide qui croit que quelques mots sur la météo suffisent à tisser un lien. Comme si la politesse pouvait combler l'abîme.

Panel 6:Le narrateur s'éloigne du voisin âgé. Vue arrière du narrateur qui marche vers sa maison. Le voisin âgé demeure dans son jardin, observant le narrateur s'éloigner. La rue est vide. Les maisons sont closes. Un silence oppressant émane de l'image.

Narrator:Lundi. Le compte à rebours commence.

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Panel 1:L'intérieur de la maison du narrateur. Un salon minimaliste, aux murs beiges et au mobilier sobre. Une table basse en bois clair, un canapé gris usé, une fenêtre avec des rideaux blancs fermés à moitié. Aucune photo, aucun objet personnel visible. Le narrateur est assis sur le canapé, vêtu d'un pull et d'un pantalon de toile. Devant lui, sur la table, une boîte en carton contenant des documents : lettres, contrats, enveloppes jaunes. Il tient une lettre administrative à la main. Son expression est vide, concentrée.

Narrator:Lundi matin. Je me réveille dans ce vide que j'ai moi-même créé. Les murs ne parlent pas. C'est leur seul mérite.

Panel 2:Flashback. Une salle de classe froide et grise. Des pupitres alignés. Le narrateur, plus jeune d'une vingtaine d'années, se tient debout face à environ vingt adolescents assis. Les élèves regardent vers l'avant sans vraiment écouter. Certains ont les yeux vides, d'autres griffonnent dans leurs cahiers. Le narrateur écrit quelque chose au tableau noir. L'atmosphère est étouffante et stérile.

Narrator:Trente ans à enseigner l'indifférence. À regarder des esprits vides se remplir de vide. Eux au moins avaient une excuse : la jeunesse.

Panel 3:Retour au présent. Le narrateur tient une liasse de lettres administratives dans sa main. Il les observe une par une. Ses doigts tremblent légèrement. Il pose une première lettre sur un petit tas à sa droite. Puis une deuxième. Les lettres s'accumulent. Chaque geste est méthodique, sans émotion.

Narrator:Lettres de l'académie. Bulletins de salaire. Certificats de travail. Chaque papier est une preuve d'existence. Chaque papier brûlé est un pas vers le néant.

Panel 4:Le narrateur se lève du canapé. Il porte la pile de lettres vers la cuisine. Ses mouvements sont lents, presque somnambuliques. Le pantalon gris pâle, le pull gris foncé, le cardigan beige — tout est incolore, tout s'efface.

Panel 5:La cuisine est minimaliste comme le reste. Un évier blanc, une cuisinière électrique grise, des placards fermés. Le narrateur ouvre la porte d'un four à bois ancien intégré dans un coin. À l'intérieur, une gueule noire et vide. Il introduit les lettres une par une dans le foyer. Puis il craque une allumette. La flamme s'allume. Les papiers commencent à se consumer. Des cendres blanches et grises s'échappent lentement.

Narrator:Chaque document détruit est une tache effacée. Chaque cendre qui s'envole est un mensonge qui disparaît.

Panel 6:Retour à l'extérieur. Le narrateur est assis dans sa voiture, à nouveau stationnée sur la route de banlieue. Il observe la même rue que plus tôt : pavillons, supermarché, trottoirs vides. Ses mains sont sur le volant. Son visage est de profil, figé. À travers le pare-brise, on voit les murs gris des bâtiments, l'absence de vie.

Narrator:L'après-midi. Je traverse la banlieue comme on traverse un cimetière : lentement, sans espoir, sans but réel.

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Panel 1:Le narrateur observe la rue depuis sa voiture. Des passants ordinaires vaquent à leurs occupations : une femme avec des courses, un homme qui promène son chien, des enfants qui rentrent de l'école.

Narrator:Mardi. Les mêmes rues. Les mêmes gestes.

Panel 2:Flashback. Le narrateur, plus jeune, est assis parmi des collègues qui discutent poliment autour d'une table. L'ambiance est ordinaire, un peu terne, comme n'importe quelle réunion de bureau.

Narrator:Les réunions pédagogiques. Un rituel de plus, où l'on parlait beaucoup sans jamais vraiment se comprendre.

Panel 3:Le narrateur descend de sa voiture devant sa maison. Il ferme la portière. Le quartier est calme, ordinaire.

Panel 4:Le voisin âgé apparaît à la limite du jardin, sécateur à la main, et propose son aide avec un sourire chaleureux.

Le voisin âgé: Dites, vous avez besoin d'aide pour le jardin ?

Panel 5:Gros plan sur le visage du narrateur à travers la petite fenêtre de la porte. Il répond poliment mais reste distant.

Le narrateur: Non, merci. Tout va bien.

Panel 6:Le voisin âgé se retire tranquillement vers son jardin. La nuit commence à tomber doucement sur le quartier.

Narrator:Ce sourire, ces quelques mots sur la météo. Il ne savait plus très bien y répondre.

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Panel 1:Le narrateur est de retour dans son salon. Il s'assoit sur le canapé gris. Devant lui, la boîte de carton contient toujours des documents. Il en sort d'autres : des contrats d'emploi, des bulletins de salaire jaunes et usés, des certificats de travail. Il les examine un par un. Ses mains tremblent légèrement. La lumière grise de la soirée filtre par les rideaux.

Narrator:Mardi. Le tri continue. Chaque document est une trace, chaque trace doit disparaître.

Panel 2:Flashback. Une scène d'humiliation. Le narrateur, plus jeune, se tient debout dans un bureau de directeur. Le directeur, un homme d'une cinquantaine d'années en costume gris, est assis derrière un bureau. Son expression est compassionnelle mais ferme. Derrière le narrateur, on voit une femme avec des papiers à la main, observant avec pitié. Le narrateur regarde vers le bas, ses épaules légèrement voûtées.

Directeur: Nous ne pouvons pas continuer ainsi, malheureusement.

Narrator:Le renvoi. Formulé poliment, comme on annonce une maladie terminale.

Panel 3:Retour au présent. Le narrateur brûle à nouveau des documents dans le four. Cette fois, ce sont des contrats d'emploi. Les papiers jaunes se consument lentement. Les flammes orange éclairent son visage de bas en haut, créant des ombres dures. Ses yeux sont vides, fixes sur les flammes.

Narrator:Contrats de travail. Preuves que j'ai existé. Preuves que j'ai servi à quelque chose.

Panel 4:La fenêtre du salon du narrateur. Le narrateur est assis dans le fauteuil, regardant vers l'extérieur. À travers la vitre, on voit la rue. Un enfant joue avec un ballon rouge. Une femme passe avec un sac de courses. Un homme promène son chien. Tous les gestes sont ordinaires, répétitifs, banals. Le narrateur les observe sans expression.

Narrator:Dehors, la vie continue. Pas de drame, pas de changement. Juste l'éternelle répétition du quotidien.

Panel 5:Gros plan sur le visage du narrateur à travers la fenêtre. Son expression est figée, ses yeux sont vides. On voit le reflet de la rue sur ses verres de lunettes. Son visage est pâle, fatigué. Les rides autour de ses yeux sont profondes.

Narrator:Regarder sans participer. C'est le seul moyen de rester sain d'esprit dans ce monde de fous.

Panel 6:Vue d'ensemble de la rue de banlieue au crépuscule. Les maisons sont fermées. Les lampadaires commencent à s'allumer. Une lumière jaune pâle émane de quelques fenêtres. Le reste est gris et silencieux. Aucune voiture ne passe. Aucune personne ne marche. Le silence est total.

Narrator:La nuit tombe. Bientôt, tout sera noir. Bientôt, tout sera oublié.

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Panel 1:Le narrateur est allongé dans son lit. La chambre est minimaliste : un lit simple avec des draps gris, une fenêtre avec des rideaux fermés, une table de nuit vide. Le narrateur regarde le plafond. Ses yeux sont ouverts, figés. Aucun mouvement. Aucune expression. Il ne dort pas.

Narrator:Mercredi matin. Je n'ai pas dormi. Depuis lundi, aucun sommeil n'a eu lieu. Juste de longues heures immobiles, attendant l'aube.

Panel 2:Le narrateur se lève du lit. Il est vêtu d'un pyjama gris clair. Ses mouvements sont lents, presque mécaniques. Il marche vers la salle de bains. Son reflet dans le miroir montre un homme épuisé : yeux rouges, peau pâle, cheveux grisonnants en désordre. Il ne se regarde pas.

Panel 3:Flashback fragmenté. Images rapides et sans lien apparent : une salle de classe vide. Un pupître seul. Une craie blanche tombant au sol. Des mains écrivant sur un tableau noir. Des visages d'élèves regardant vers le bas. Chaque image dure une fraction de seconde. L'effet est celui d'une spirale mentale, d'une pensée fragmentée.

Narrator:Les pensées du jeudi. Fragments de jours oubliés. Visages sans noms. Conversations sans sens.

Panel 4:Le narrateur est de retour dans le salon. Il a enfilé ses vêtements de jour : pull gris et pantalon beige. Il tient une nouvelle pile de documents. Cette fois, ce sont des lettres personnelles : enveloppes blanches avec des écritures manuscrites. Il en ouvre une. À l'intérieur, on voit quelques lignes écrites à la main. Il commence à les déchirer lentement.

Narrator:Lettres personnelles. De qui ? Je ne me souviens pas. Cela n'a plus d'importance.

Panel 5:Le narrateur introduit les fragments de lettres dans le four. Les cendres grises s'échappent en volutes. Son expression reste vide, mécanique. Il y a une sorte d'efficacité clinique dans chaque geste : prendre, déchirer, brûler.

Narrator:Chaque lettre brûlée est une relation effacée. Chaque cendre qui s'envole est une promesse non tenue.

Panel 6:Vue de la fenêtre du salon en fin d'après-midi. La rue est vide. Les maisons sont closes. Un silence total émane de l'image. Aucune voiture ne passe. Aucune personne ne marche. Juste des façades grises et des trottoirs gris. Le ciel est gris. Tout est gris.

Narrator:Mercredi soir. Le monde s'efface. Ou peut-être que c'est moi qui m'efface.

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Panel 1:Le narrateur est assis dans le salon. Il est 3 heures du matin. La maison est complètement silencieuse. Aucune lumière n'est allumée. Le narrateur est vêtu de ses vêtements de jour, comme s'il ne s'était pas couché. Ses yeux sont ouverts, fixes, sans vie. Il ne bouge pas. Le silence est oppressant.

Narrator:Jeudi. Trois heures du matin. L'insomnie a atteint son apogée. Mon cerveau fonctionne à vide, sans pensée réelle, juste des fragments qui tournent en boucle.

Panel 2:La fenêtre du salon. Dehors, la rue est complètement vide et silencieuse. Les lampadaires jettent une lumière jaune pâle qui ne dissipe pas vraiment l'obscurité. Les maisons sont closes. Aucun signe de vie. Le silence est total.

Narrator:La nuit est l'heure de vérité. Quand le monde dort, quand les mensonges s'arrêtent, quand la vérité apparaît : tout est vide.

Panel 3:Gros plan sur le visage du narrateur dans l'obscurité. Ses yeux sont ouverts, rouges, cernés. Sa peau est pâle et grise. Il ne cligne pas. Il ne bouge pas. Son expression est vide, presque cadavérique. On voit les rides profondes autour de ses yeux et de sa bouche.

Narrator:Quarante-huit heures sans sommeil. Mon corps fonctionne sur les réserves. Mon esprit n'existe plus.

Panel 4:Flashback. Images rapides et confuses : Le voisin âgé dans son jardin, sourire figé. Un enfant qui joue. Une femme avec un sac de courses. Des visages de collègues de travail. Des élèves en classe. Chaque image dure une fraction de seconde. L'effet est celui d'une spirale mentale chaotique, d'une pensée fragmentée et malade.

Narrator:Pensées fragmentées. Faces sans noms. Voix sans corps. Tout se mélange dans une spirale sans fin.

Panel 5:Retour au présent. Le narrateur se lève lentement. Il marche vers la cuisine. Ses mouvements sont automatiques, sans conscience réelle. Il ouvre un placard et sort une boîte contenant d'autres documents : bulletins de salaire, certificats de travail, contrats divers. Il les observe avec une expression vide.

Narrator:Jeudi après-midi. Je continue le tri. Les gestes continuent même si l'esprit a disparu.

Panel 6:Le narrateur introduit une nouvelle pile de documents dans le four. Les flammes orange consument les papiers. Son visage est éclairé par la lumière des flammes. Ses yeux sont vides, fixes. Il y a une sorte de routine mécanique dans ses gestes. Brûler, attendre, recommencer.

Narrator:Chaque geste est une étape vers le néant. Chaque document détruit est un pas de plus vers l'absence.

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Panel 1:Le narrateur regarde par la fenêtre du salon. Il est jeudi après-midi, vers 17 heures. La lumière grise de fin d'après-midi filtre par la vitre. Dehors, on voit Le voisin âgé qui travaille dans son jardin avec un sécateur. Il taille les haies. Son cardigan est légèrement usé. Il se meut lentement mais avec une certaine paix. Le narrateur l'observe avec une intensité figée.

Narrator:Jeudi. Le voisin âgé dans son jardin. Son geste répétitif, son sourire probable même quand personne ne le voit. La normalité incarnée.

Panel 2:Gros plan sur les yeux du narrateur. Ils sont rouges, cernés, vides. Mais il y a quelque chose de nouveau dans son regard : une intensité figée, presque une fureur silencieuse. Ses mâchoires sont serrées. Une veine pulse légèrement à sa tempe.

Narrator:Ce sourire. Cette gentillesse. Cette acceptation de la médiocrité. Cela me remplit d'une rage que je ne peux pas exprimer.

Panel 3:Retour à la vue du jardin. Le voisin âgé continue à tailler ses haies. Il sourit légèrement, presque inconsciemment. Il est complètement absorbé par sa tâche. Il ne voit pas le narrateur qui l'observe.

Narrator:Il ne sait pas qu'on le regarde. Il ne sait pas que son existence m'écrase.

Panel 4:Le narrateur se détourne brusquement de la fenêtre. Son mouvement est saccadé, agressif. Il marche vers la cuisine. Ses poings sont serrés. Sa respiration est rapide. Quelque chose s'est brisé en lui.

Narrator:Je dois arrêter de le regarder. Je dois finir. Tout doit être terminé.

Panel 5:Le narrateur est dans le salon. Il s'assoit sur le canapé gris. Devant lui, les derniers documents : des photos de famille. On voit les images avant qu'il ne les prenne : des photos en couleur, fades, montrant le narrateur plus jeune avec une femme et une jeune fille (La fille). Des sourires forcés. Des moments figés qui n'ont jamais vraiment eu lieu. Le narrateur les regarde sans expression.

Narrator:Les photos. Les preuves visuelles que j'ai eu une vie. Que j'ai été quelqu'un pour quelqu'un.

Panel 6:Le narrateur brûle les photos une par une. Les images se consument lentement dans les flammes. On voit les visages fondre, les couleurs disparaître. Ses mains sont stables, méthodiques. Son expression reste vide. Les cendres grises s'échappent du four.

Narrator:Les photos brûlées. Les liens brûlés. Il ne restait plus rien à regarder en arrière.

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Panel 1:Le narrateur est allongé dans son lit. Il est vendredi matin. Ses yeux sont fermés mais on voit qu'il ne dort pas vraiment. Son corps est immobile. La chambre est minimaliste. Les rideaux sont fermés. La lumière grise du matin filtre légèrement par les côtés.

Narrator:Vendredi. Après cinq jours sans sommeil réel, mon corps a capitulé. Juste des heures vides, sans rêves, sans vie.

Panel 2:Le narrateur se lève lentement. Il est vêtu d'un pyjama gris. Ses mouvements sont mécaniques, sans force. Il se regarde brièvement dans le miroir de la salle de bains. Son reflet montre un homme détruit : yeux rouges profonds, peau grise, cheveux en désordre. Il détourne rapidement le regard.

Panel 3:Le narrateur sort de sa maison. Il porte son pull gris et son pantalon beige. Il marche lentement vers sa voiture. Le matin est gris et calme. Personne ne passe dans la rue. Il ouvre la portière de sa voiture et s'assoit au volant. Son expression est vide.

Narrator:Vendredi matin. Trajet habituel. Observation habituelle. Mais quelque chose a changé en moi. Quelque chose s'est décidé.

Panel 4:Le narrateur conduit sa voiture à travers la banlieue. Vue depuis le pare-brise : rues vides, pavillons gris, supermarché fermé à cette heure. La route est déserte. Aucune autre voiture ne circule. Le narrateur observe tout cela avec une expression vide, détachée.

Narrator:La banlieue le matin. Encore plus vide que d'habitude. Juste des façades grises et du silence.

Panel 5:Le narrateur arrive près de la boîte aux lettres de sa maison. Il descend de sa voiture. À proximité, Le voisin âgé sort de son jardin avec un arrosoir. Il voit le narrateur et son visage s'illumine d'un sourire bienveillant. Il lève la main en signe de salutation.

Le voisin âgé: Bonjour ! Quelle belle journée qui commence.

Panel 6:Gros plan sur le visage du narrateur. Ses yeux sont vides, ses traits figés. Il regarde le voisin sans vraiment le voir. Quelque chose en lui s'est éteint. Il ouvre la bouche pour parler. Ses lèvres bougent lentement.

Le narrateur: Oui. Tout à fait.

Narrator:Ce moment. Cet instant banal. Quelque chose bascule en moi. C'est maintenant. C'est décidé.

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Panel 1:Le narrateur rentre dans sa maison. Il ferme la porte derrière lui. À l'intérieur, le salon est vide et silencieux. Rien sur les murs. Le narrateur s'assoit sur le canapé gris. Il regarde devant lui, vers le vide.

Narrator:Vendredi après-midi. Je suis de retour. La maison est presque vide. Il ne reste presque plus rien de ce que j'ai été.

Panel 2:Le narrateur fouille une dernière boîte de documents : contrats d'emploi, bulletins de salaire, certificats de travail. Il les tient dans sa main. Ces documents sont jaunes, usés, couverts de poussière. Il les observe sans émotion.

Narrator:Les derniers papiers. Après cela, il ne restera plus grand-chose.

Panel 3:Le narrateur se lève et rassemble les derniers papiers. Ses mouvements sont lents, presque rituels. Il les glisse dans un grand sac en papier kraft déjà à moitié plein.

Panel 4:Le narrateur ferme le sac d'un double nœud et le pose près de la porte d'entrée, avec les autres. Son expression reste vide, comme si ce geste était le dernier avant un grand vide.

Narrator:Les derniers documents. Après cela, il ne restera plus aucune trace de qui j'ai été.

Panel 5:Le narrateur reçoit un appel téléphonique. Il tient le téléphone à son oreille. À l'autre bout de la ligne, on entend La fille, mais elle est invisible. Le narrateur écoute sans vraiment participer.

La fille: Bonsoir Papa. Comment allez-vous ? Le narrateur: Bien. Tout va bien.

Narrator:La fille qui appelle. Comme une obligation hebdomadaire. Vérifier que le père existe toujours.

Panel 6:Le narrateur écoute La fille parler. On ne l'entend pas, mais on voit son expression : elle parle de sa vie à la ville, de son travail, de ses projets. Le narrateur regarde vers le vide, détaché, sans participer vraiment.

La fille: J'ai un nouveau projet au travail. C'est excitant. Le narrateur: C'est bien.

Narrator:Elle parle de sa vie. Je l'écoute sans vraiment entendre. Le fossé entre nous est infranchissable.

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Panel 1:Le narrateur est assis dans son salon, la télévision allumée en fond sonore. La pièce est simple mais habitée, un lampadaire allumé dans un coin.

Narrator:Vendredi soir. Une soirée comme une autre.

Panel 2:Le narrateur prépare un repas simple. Ses gestes sont tranquilles, ordinaires, comme n'importe quel soir de semaine.

Panel 3:Le voisin âgé passe devant chez lui et lui fait un signe de la main à travers la fenêtre éclairée. Le narrateur répond d'un geste bref.

Panel 4:Le narrateur éteint la télévision et termine son repas tranquillement, sans hâte.

Panel 5:Il monte se coucher, comme chaque soir, fatigué par une longue semaine.

Panel 6:Le narrateur s'allonge. La lumière du lampadaire de la rue filtre doucement à travers les rideaux.

Narrator:Vendredi nuit. Encore une nuit difficile à trouver le sommeil.

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Panel 1:Le narrateur se réveille, six heures du matin. Il reste immobile un instant. La lumière grise du matin filtre sous les rideaux.

Narrator:Samedi. Un jour comme les autres.

Panel 2:Il se lève et marche vers la salle de bains. Au loin, dehors, une tondeuse à gazon démarre déjà chez un voisin matinal.

Panel 3:Le narrateur se regarde dans le miroir. Ses traits sont fatigués. Il se lave le visage à l'eau froide.

Panel 4:Il s'habille : son pull gris habituel, son pantalon beige. Un geste routinier, comme chaque matin.

Panel 5:Le narrateur descend l'escalier. Ses pas résonnent légèrement dans la maison encore silencieuse.

Panel 6:Il ouvre la porte d'entrée. Dehors, la rue est calme. Un chien aboie au loin, quelque part dans le quartier.

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Panel 1:Le narrateur marche lentement sur le trottoir devant sa maison. À quelques mètres, Le voisin âgé sort de son jardin avec un arrosoir dans les mains. Il porte son cardigan gris-bleu habituel. Le voisin âgé lève la tête et voit le narrateur. Son visage s'illumine d'un sourire bienveillant.

Panel 2:Gros plan sur le visage du voisin âgé. Son sourire est large, chaleureux, dénué de calcul. Il lève la main en signe de salutation.

Panel 3:Le narrateur s'arrête à quelques mètres du voisin âgé. Son visage est vide, inexpressif. Il ouvre la bouche pour parler.

Le voisin âgé: Bonjour ! Quelle belle journée commence.

Panel 4:Le narrateur répond au voisin. Son expression ne change pas. Il parle avec une voix plate, sans inflexion.

Le narrateur: Oui. Tout à fait.

Panel 5:Le narrateur tourne le dos au voisin âgé et commence à s'éloigner. Le voisin âgé demeure seul, son sourire s'efface légèrement.

Narrator:Un moment. Puis rien.

Panel 6:Vue arrière du narrateur qui marche seul le long du trottoir. Le voisin âgé demeure immobile dans son jardin, observant. La rue est vide et grise.

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Panel 1:Le narrateur se tient immobile au bord de l'allée de gravier. Il ne se retourne pas. Le silence du parc est oppressant.

Narrator:Rien. Aucune sensation. Aucun remords.

Panel 2:Le narrateur se tourne et marche lentement hors du parc, sur l'allée de gravier. Il ne regarde pas en arrière. Sa posture est la même qu'avant : courbée, ordinaire, invisible.

Panel 3:Le narrateur marche à travers la banlieue grise. Les rues sont vides. Les maisons sont closes. Il marche sans but apparent, sans direction claire.

Panel 4:Le narrateur arrive à une gare routière. Un bus attend, portes ouvertes. Le narrateur monte dans le bus. Aucune interaction. Il s'assoit à l'arrière.

Panel 5:À l'intérieur du bus, le narrateur est assis seul à l'arrière. Le bus commence à se remplir de passagers indifférents. Le narrateur regarde par la fenêtre, expression vide.

Panel 6:Le bus démarre. À travers la vitre arrière, la banlieue grise s'éloigne. La maison du narrateur disparaît dans la distance. Son visage est de profil, figé.

Narrator:Il s'éloignait. Simplement. Sans retour.

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Panel 1:Le petit parc de banlieue. Un ruban de police entoure une zone de l'herbe grise. En retrait, on aperçoit les contours d'une forme recouverte d'une bâche blanche. Le silence du parc est total.

Narrator:Samedi matin, on l'avait vu sourire.

Panel 2:Gros plan sur une paire de gants de jardinage tombés dans l'herbe, à côté d'un arrosoir renversé. Le silence est total. Rien ne bouge.

Narrator:Dimanche matin, il était mort.

Panel 3:La maison du narrateur. La porte est grande ouverte. L'intérieur est vide et silencieux. Aucun meuble. La fenêtre du salon est noire, vide.

Narrator:La maison attendait. Vide.

Panel 4:Vue d'ensemble de la rue de banlieue. La maison du narrateur se dresse avec sa porte ouverte, vide, abandonnée. Les autres maisons sont intactes, ordinaires, vivantes.

Narrator:La rue continuait. Indifférente.

Panel 5:Des policiers déploient un périmètre de sécurité autour de la zone du parc. D'autres agents prennent des notes. Une camionnette de la police scientifique est garée non loin.

Narrator:Le monde continuerait. Lui aussi.

Panel 6:Un dernier plan du parc, vu de loin : le ruban jaune qui flotte dans le vent, les policiers qui s'affairent en retrait, la bâche blanche immobile sur l'herbe.

Narrator:Sans réponse. Sans explication. Simplement vide.

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Panel 1:Un téléphone sonne dans la maison vide du narrateur. Le son résonne dans le silence. Aucune main ne répond. Puis le silence revient.

Narrator:Lundi matin. La fille appela.

Panel 2:À la ville, dans un bureau moderne. La fille est assise à son bureau. Elle regarde son téléphone portable et compose le numéro de son père. Son expression est concentrée, légèrement préoccupée.

Narrator:Elle n'avait pas de réponse.

Panel 3:La fille raccroche. Elle regarde son téléphone, sourcils légèrement froncés, puis le remet dans sa poche.

Narrator:Elle attendrait le soir.

Panel 4:La rue de banlieue. Des policiers sont présents près du parc. Une barrière délimite la zone. Des voisins curieux regardent de loin.

Narrator:La police enquêtait sur la mort suspecte d'un habitant du quartier.

Panel 5:Un policier inspecte la maison du narrateur. La porte est grande ouverte. L'intérieur est vide. Aucune trace d'habitation. Le policier regarde autour de lui, intrigué.

Narrator:La maison était vide.

Panel 6:Les policiers poursuivent leurs recherches autour de la maison silencieuse. Le dossier de l'affaire s'épaissit sur le bureau du commissariat.

Narrator:L'enquête ne faisait que commencer.

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Panel 1:Le bus roule sur une autoroute grise. Vue depuis l'intérieur à travers le pare-brise. La route s'étend devant, monotone, interminable.

Narrator:Le bus roulait. Sans destination. Sans but.

Panel 2:À l'intérieur du bus, le narrateur est assis à l'arrière, seul. D'autres passagers sont dispersés. Aucun ne regarde le narrateur, qui fixe la fenêtre, expression vide.

Panel 3:Gros plan sur le visage du narrateur à travers la fenêtre du bus. Son reflet est pâle, transparent. Ses yeux regardent vers l'infini.

Narrator:Il n'y avait rien à attendre.

Panel 4:Le bus s'arrête à une gare routière dans une autre ville. Le narrateur descend lentement. Aucun sac, aucune possession, juste lui-même.

Panel 5:Le narrateur marche à travers la gare routière. D'autres personnes se déplacent autour de lui, indifférentes. Il marche lentement, sans but, les mains dans les poches.

Panel 6:Le narrateur se tient seul devant la gare routière. Derrière lui, la gare s'étend, animée, indifférente. Devant lui, la rue d'une ville inconnue.

Narrator:Il continuerait à marcher. Indéfiniment.

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Panel 1:L'inspecteur est assis à son bureau, entouré de collègues qui consultent des cartes et des registres de bus. Plusieurs policiers travaillent ensemble, échangeant des informations, l'enquête progresse activement.

Narrator:L'enquête avançait, méthodique.

Panel 2:Le parc reste fermé au public, un ruban de police délimite toujours la zone, mais des techniciens de la police scientifique continuent de relever des indices méthodiquement.

Panel 3:Le narrateur marche dans une rue animée, parmi d'autres passants pressés. Il est anonyme dans la foule, une silhouette de plus parmi tant d'autres.

Panel 4:L'inspecteur épingle une nouvelle photographie sur le tableau d'enquête, entouré de collègues qui échangent des informations et comparent des notes.

Panel 5:La fille, inquiète de rester sans nouvelles, est au téléphone avec les autorités pour signaler l'absence prolongée de son père. Son expression est concentrée et déterminée.

Narrator:Elle aussi, de son côté, avait commencé à chercher des réponses.

Panel 6:Vue d'ensemble du bureau du commissariat en fin de journée : plusieurs policiers continuent de travailler sous la lumière des lampes, le dossier de l'affaire s'épaissit sur la table centrale.

Narrator:Une semaine ordinaire venait de se terminer. Mais l'enquête, elle, ne faisait que commencer.

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Panel 1:Un cordon de police entoure le petit parc. Un ruban jaune et noir délimite le périmètre. Deux agents montent la garde. Une camionnette de la police scientifique est garée non loin. Le parc est devenu une scène d'enquête marquée de fanions blancs.

Panel 2:Dans un bureau du commissariat, L'inspecteur est assis à son bureau, étudiant un dossier de photographies et une liste de suspects. Sur le bureau repose une photographie de la maison du narrateur, porte ouverte, intérieur vide. Son visage exprime la confusion et une détermination sombre.

Panel 3:Des policiers se tiennent à l'intérieur de la maison vide du narrateur. Le salon est vide, aucun meuble, aucun objet personnel. Un agent photographie le vide. Un autre examine des tiroirs vides dans la cuisine.

Panel 4:Gros plan sur un dossier d'enquête posé sur une table. Les pages confirment l'identité de la victime : « Marcel Dupont, 76 ans ». Une lampe projette une lueur pâle et froide sur le papier.

Panel 5:Une femme d'une cinquantaine d'années, vêtue sobrement de noir, signe des documents administratifs auprès d'un policier. Son visage est marqué par la tristesse. Il s'agit de la sœur de Marcel Dupont.

Narrator:Une sœur. Une famille. Une vie ordinaire et paisible.

Panel 6:Un avis est affiché au commissariat : une photographie du narrateur, granuleuse et quelconque. En dessous, un texte : « PERSONNE RECHERCHÉE POUR TÉMOIGNAGE — CONTACTEZ LA POLICE. »

Narrator:La traque commence. Mais il est déjà loin.

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Panel 1:La fille est assise à son bureau dans une tour de bureaux en ville. Son téléphone sonne. Elle décroche. Son expression passe du neutre à l'inquiétude en écoutant la voix à l'autre bout du fil.

La fille: Allô ? Oui, c'est elle-même.

Panel 2:Gros plan sur le visage de La fille. Ses yeux s'écarquillent légèrement. Sa mâchoire se crispe. Sa prise sur le bureau se resserre. Un instant où son monde bascule.

Panel 3:La fille reste assise, le téléphone pressé contre son oreille. Autour d'elle, le bureau poursuit son activité ordinaire. Le contraste est saisissant.

La fille: Non. Non, c'est impossible.

Panel 4:La main de La fille tremble tandis qu'elle tient le combiné. Ses jointures sont blanches. Elle est figée sur place.

La fille: Quand ? Que s'est-il passé ?

Panel 5:La fille abaisse lentement le téléphone. Son regard est fixe, flou. Le policier vient de lui annoncer que son père a disparu et qu'un homme correspondant à sa description est recherché par la police dans le cadre d'une enquête grave.

Panel 6:Vue large de la tour de bureaux. À l'intérieur, La fille reste immobile à son bureau, petite silhouette dans un vaste espace de verre et d'acier.

Narrator:La distance entre eux avait toujours été infinie. Elle est désormais absolue.

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Panel 1:Le narrateur marche dans une rue étroite. Immeubles anciens, petites boutiques aux vitrines sombres. Quelques passants le croisent sans le regarder. Il marche sans destination, sans but.

Panel 2:Le narrateur entre dans un hôtel modeste et défraîchi. Un employé unique se tient derrière un comptoir, lève à peine les yeux. Il paie en liquide et reçoit une clé.

Panel 3:Une petite chambre d'hôtel. Un lit étroit, une fenêtre avec un store cassé. Le narrateur s'assoit sur le bord du lit, immobile, le regard vide.

Panel 4:Gros plan sur le visage du narrateur, de profil. Sa peau est grise et fatiguée. Il n'a presque rien mangé depuis des jours.

Narrator:Le corps continue, par habitude. L'esprit, lui, a déjà cédé.

Panel 5:Le narrateur observe à travers le store cassé la rue en contrebas. Il ignore qu'à la réception, l'employé s'est étonné auprès d'un collègue de son comportement étrange.

Panel 6:Le narrateur est allongé sur le lit, tout habillé, les yeux ouverts fixés au plafond. Les heures passent. Les jours passent.

Narrator:Le sommeil ne vient pas. Mais quelque part, ailleurs, on commence déjà à le chercher.

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Panel 1:Devant la maison scellée du narrateur, des policiers examinent les alentours. L'inspecteur interroge un voisin qui mentionne avoir vu Le narrateur monter dans un bus, le matin du dimanche.

Narrator:Un témoin. Un détail. Le premier fil à tirer.

Panel 2:Dans le bureau du commissariat, l'inspecteur étudie les registres d'une compagnie de bus régionale. Une employée lui montre une image granuleuse des caméras de surveillance de la gare routière.

Panel 3:Un bulletin d'alerte est envoyé aux commissariats des villes desservies par la ligne de bus. La photographie du narrateur, accompagnée de la mention « recherché pour être entendu dans le cadre d'une enquête en cours », est diffusée.

Panel 4:Un agent reçoit un appel de l'employé de l'hôtel modeste. Il décrit un client silencieux, amaigri, dont l'apparence correspond à l'avis diffusé.

Narrator:L'anonymat a ses limites. Même l'effacement laisse une trace.

Panel 5:Des policiers se rassemblent devant l'hôtel modeste, à la tombée de la nuit. L'inspecteur donne des instructions à voix basse.

Panel 6:Le narrateur, à sa fenêtre, aperçoit les silhouettes des policiers en contrebas. Son expression ne change pas. Il ne cherche pas à fuir.

Narrator:Il n'y avait nulle part où aller. Il ne restait qu'à attendre.

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Panel 1:Des policiers montent l'escalier de l'hôtel en silence. L'employé de la réception les guide, visiblement nerveux.

Panel 2:Devant la porte, l'inspecteur frappe fermement. « Police ! Ouvrez ! » Aucune réponse. Les agents échangent un regard.

Panel 3:La porte s'ouvre. Le narrateur se tient debout, immobile, les mains visibles. Son visage est vide, résigné. Il ne montre aucune résistance.

Panel 4:Un policier passe les menottes aux poignets du narrateur. Ses mains tremblent légèrement, mais il ne dit rien.

Narrator:Aucune résistance. Aucun mot. Juste la fin d'une fuite qui n'avait jamais vraiment eu de direction.

Panel 5:Le narrateur est escorté hors de l'hôtel, encadré par deux policiers. Il marche lentement, la tête légèrement baissée.

Panel 6:Le narrateur est installé à l'arrière d'un véhicule de police. À travers la vitre, son visage reste figé tandis que le véhicule s'éloigne.

Narrator:Il avait voulu disparaître. On venait de le retrouver.

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Panel 1:Dans une salle d'interrogatoire, le narrateur est assis face à l'inspecteur. Ses mains sont posées sur la table. Son visage reste vide.

Le narrateur: Je n'ai rien à expliquer. Il souriait. C'est tout.

Panel 2:L'inspecteur, visiblement troublé par l'absence totale de remords, referme son dossier.

Narrator:Il n'y avait ni haine, ni folie apparente. Juste un vide que rien ne semblait pouvoir combler.

Panel 3:La fille arrive au commissariat, appelée pour identifier son père. Elle se tient dans le couloir, hésitante. Son visage est pâle, tendu.

Panel 4:À travers la vitre, La fille observe son père, immobile, menotté. Elle porte une main à sa bouche, submergée par l'incompréhension.

Narrator:Elle cherchait un visage familier. Elle ne trouvait qu'un étranger.

Panel 5:Le narrateur tourne enfin la tête vers sa fille. Un bref instant, quelque chose vacille dans son regard vide. Puis son visage se referme.

Panel 6:La fille sort du commissariat seule, sous un ciel gris. Elle s'arrête un instant, incapable d'avancer.

Narrator:Elle rentrerait chez elle avec des questions sans réponses. Et avec un deuil pour un homme qui n'était déjà plus son père depuis longtemps.

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Panel 1:Une salle d'audience. Le narrateur est assis au banc des accusés. Son avocat est assis à ses côtés. Le juge préside depuis son estrade.

Panel 2:Le procureur présente les preuves de l'enquête. Le narrateur écoute sans réagir, le regard fixe.

Panel 3:La sœur du voisin âgé témoigne à la barre, la voix brisée par l'émotion, décrivant qui était son frère : un homme simple, aimé de son quartier.

Panel 4:Le narrateur est interrogé directement par le juge. Il répond d'une voix plate.

Le narrateur: Je ne peux pas expliquer ce que je ne comprends pas moi-même.

Panel 5:La fille, assise au fond de la salle, écoute chaque mot. Son visage est un mélange de chagrin et d'incompréhension.

Panel 6:Le juge se lève pour prononcer le verdict. La salle est silencieuse. Le narrateur reste assis, immobile.

Narrator:La justice allait parler. Pour lui, cela ne changeait déjà plus rien.

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Panel 1:Le juge prononce la sentence : réclusion criminelle à perpétuité pour la mort de Marcel Dupont. Le mot « perpétuité » résonne dans la salle silencieuse.

Narrator:Le mot tombe, lourd et définitif.

Panel 2:Le narrateur écoute la sentence sans broncher. Son visage reste aussi vide qu'au premier jour.

Panel 3:Des agents pénitentiaires escortent le narrateur hors de la salle, menotté, vers un fourgon qui l'attend.

Panel 4:La fille regarde le fourgon s'éloigner depuis les marches du palais de justice. Elle serre contre elle une vieille photographie de son père, plus jeune, souriant.

Narrator:Elle porterait le deuil d'un homme qu'elle n'avait, en réalité, jamais vraiment connu.

Panel 5:Le petit parc de banlieue, au printemps. Les fleurs ont repoussé. Des enfants jouent sur l'herbe. Le lieu a repris son apparence ordinaire.

Narrator:Le parc a guéri. Ou peut-être a-t-il simplement oublié.

Panel 6:La maison du narrateur, désormais vide, porte un panneau « À VENDRE ». La rue de banlieue continue son existence tranquille.

Narrator:La maison trouverait un nouveau propriétaire. La rue, elle, n'avait jamais vraiment cessé de vivre.

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Panel 1:La fille range les affaires de son père dans des cartons. L'appartement est vide. Son expression est épuisée.

Narrator:Les mois passèrent. Puis les années.

Panel 2:Elle regarde une vieille photo avant de la ranger. Elle hésite, puis la garde finalement contre elle.

Panel 3:La maison a été vendue. De nouveaux propriétaires emménagent. Des rideaux neufs apparaissent aux fenêtres. La vie reprend son cours.

Panel 4:Le petit parc, désormais réaménagé en aire de jeux. Des enfants qui rient, courent, jouent, sans savoir ce qui s'était passé là.

Narrator:La banlieue avait, peu à peu, refermé la plaie.

Panel 5:La fille, plus âgée, regarde par la fenêtre de son appartement. Son visage est plus posé, marqué par le temps.

Narrator:Elle n'oublierait jamais. Mais elle continuerait à vivre.

Panel 6:Une enveloppe officielle de l'administration pénitentiaire arrive dans la boîte aux lettres de La fille. Elle la regarde longuement, hésitant à l'ouvrir.

Narrator:Un jour, une lettre arriva.

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Panel 1:Quelques années plus tard. Un petit banc commémoratif a été installé à l'entrée du parc, portant une plaque au nom de Marcel Dupont.

Narrator:Le quartier ne l'avait pas oublié.

Panel 2:Des habitants du quartier s'arrêtent parfois un instant devant le banc, se souvenant de l'homme qui saluait tout le monde avec le même sourire.

Panel 3:La sœur de Marcel Dupont revient parfois se recueillir, dépose des fleurs près du banc.

Panel 4:Des enfants jouent non loin, insouciants, ignorant tout de l'histoire du banc.

Panel 5:La vie du quartier a repris son cours, entre souvenir discret et quotidien ordinaire.

Panel 6:Vue du parc au crépuscule, paisible, le banc commémoratif visible au premier plan.

Narrator:Certaines absences, elles, ne s'effacent jamais tout à fait.

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Panel 1:Une cellule de prison, sobre et grise. Le narrateur, des années plus tard, est assis sur une couchette étroite. Ses cheveux sont désormais blancs, son visage marqué par le temps. Il regarde par une petite fenêtre grillagée un carré de ciel gris.

Narrator:Des années ont passé. Les murs ont changé. Le vide, lui, est resté.

Panel 2:Un gardien apporte le repas du soir à travers une ouverture dans la porte. Le narrateur le prend sans un mot, sans un regard. Sa routine est désormais celle de la prison : identique, jour après jour.

Panel 3:La fille, plus âgée, se tient dans une salle de visite de la prison, séparée de son père par une vitre. C'est la première fois qu'elle vient depuis le procès. Elle le regarde longuement avant de parler.

La fille: Je voulais juste savoir si vous aviez des regrets.

Panel 4:Le narrateur regarde sa fille à travers la vitre. Un long silence. Pour la première fois, quelque chose ressemblant à de l'émotion traverse brièvement son visage — vite réprimé, mais réel.

Le narrateur: Je ne sais pas. Je ne sais plus ce que je ressens depuis longtemps.

Panel 5:La fille se lève et s'en va, sans un mot de plus. Le narrateur reste seul, de l'autre côté de la vitre, la regardant partir. Son expression reste indéchiffrable.

Narrator:Il n'y aurait pas de rédemption facile. Seulement le temps, et ses conséquences, à purger jusqu'au bout.

Panel 6:Vue finale : le narrateur, seul dans sa cellule, à la lumière déclinante du soir. Il ferme les yeux. Dehors, au-delà des murs, la vie ordinaire continue, indifférente — mais lui devra désormais répondre, jour après jour, de ce qu'il a fait.

Narrator:Il avait voulu échapper à tout. La justice, elle, ne l'avait pas oublié.

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