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LA BANDE-SON DE MA VIE

Every Teardrop Is a Waterfall

Un homme parcourt son chemin de vie en se remémorant les morceaux de musique qui ont jalonné ses étapes importantes.

"Every teardrop is a waterfall" Every Teardrop Is a Waterfall — Coldplay — 2011 Début août 2011. J'avais 46 ans et le foie gorgé de mauvaises décisions. La clinique de Perreux sentait le détergent citron et les âmes en transit. On y mangeait à heures fixes des trucs tièdes dans des assiettes en plastique blanc. On y dormait dans des draps trop raides, on y bavait ses nuits de neuroleptiques, on y regardait les autres se traîner dans des couloirs fluorescents comme des poissons dans un aquarium légèrement trop petit. Je connaissais l'endroit. Pas ma première fois. Probablement pas la dernière. Et puis, un matin — ou peut-être un après-midi, le temps s'écoule autrement là-bas, épais et sans relief — quelque chose a bougé. Pas brutalement. Plutôt comme une vitre qui se dégèle par en dessous. Je suis sorti dans le parc. La lumière était d'une densité presque obscène. Ce vert-là, ce vert de début août gorgé de soleil et d'humidité douce, ce vert qui déborde sur lui-même et sur tout — il m'a traversé comme une lame propre. Le ciel au-dessus englobait tout, sans question, sans jugement. Dans mes oreilles, le chanteur — cet homme perpétuellement solaire, cette façade de joie immaculée dont personne ne connaît vraiment le revers — hurlait une allégresse que je ne savais pas encore si elle était vraie ou jouée. Peu importe. Elle était là. Et moi j'étais là. J'ai marché vite. Puis plus vite. Virovolté entre les allées comme si mes jambes avaient pris une décision sans me consulter. Le corps qui disparaît. L'événement rare entre tous. Plus de poids, plus de verdict, plus de ce visage que je ne supporte pas dans les miroirs depuis l'enfance — ce corps que je traîne depuis toujours comme une preuve à charge contre moi-même. Je ne m'aime pas. Ma phrase fétiche. Mon refrain. Mon épitaphe en attente. Mais là — pendant trois minutes et quarante-sept secondes — je n'existais plus en tant que corps. J'étais du mouvement dans de la lumière. Du son dans du vert. Une larme qui décide d'être une cascade plutôt qu'une flaque. Les autres patients ? Absents. Dissous. Le monde réel suspendu quelque part de l'autre côté des grilles. Ce que je ne savais pas encore — ce que les médecins auraient sans doute su nommer s'ils m'avaient observé depuis une fenêtre — c'est que je glissais. Doucement, imperceptiblement, vers le haut. La phase montante. L'hypomanie qui ressemble à la guérison comme un faux ami ressemble à un ami. Ce bien-être soudain, cette légèreté, cette certitude que tout allait s'arranger — c'était le signe que rien n'était arrangé du tout. Aujourd'hui quand j'écoute ce morceau, les larmes viennent encore. Pour ce moment-là. Pour cet homme de 46 ans qui virevoltait dans un parc de clinique psychiatrique en croyant toucher quelque chose de vrai. Pour cette version de moi-même — si rare, si fugace, si introuvable.

Slice of LifeEuropean BDFrench8 pages
▸ CAST

CHARACTERS

Clinic Staff

minor

A woman in her mid-fifties with shoulder-length, lightly permed light brown hair streaked with gray. She wears thin, gold-rimmed reading glasses, a soft gray knit cardigan over a plain white button-up blouse, and dark tailored slacks. Her initial expression is one of practiced, detached professionalism with glazed eyes, which shifts to visible discomfort and confusion as the scene unfolds. Designed in a realistic European BD comic art style.

The Man

supporting

A man in his early thirties with a weary, hollow-cheeked face, intense dark eyes, and messy, short dark-brown hair. He has light stubble along a clenched jawline and slight nicotine stains on his fingers. He is dressed in a faded dark green canvas jacket over a simple gray crewneck sweater, worn dark jeans, and scuffed work boots. He carries a weathered, dark grey canvas backpack. His posture is stiff and guarded, conveying deep internal tension. Designed in a realistic European BD comic art style.

Narrator

supporting

Girl

supporting

A young woman in her early twenties with a lively, expressive face. She has shoulder-length, wavy chestnut brown hair, bright hazel eyes, and fair skin. She is dressed for a winter chalet party in a chunky, oversized knit sweater with a traditional Scandinavian pattern in cream and red, paired with dark slim-fit jeans. Her look is casual, warm, and natural, typical of a European BD comic style.

PAGE 1

Panel 1:Une chambre d'hôpital psychiatrique : murs blanc cassé, fenêtre grillagée laissant passer une lumière grise et froide. The Man est couché sur un lit aux draps trop raides, les yeux ouverts, fixant le plafond. Son visage est creusé, les traits tirés. À côté du lit, une table de nuit avec un verre d'eau et des plaquettes de médicaments. L'atmosphère est étouffante, claustrophobe.

Narrator:Début août 2011. J'avais 46 ans et le foie gorgé de mauvaises décisions.

Panel 2:Vue large du couloir de la clinique : murs blancs fluorescents, néons au plafond qui bourdonnent. Des patients en pyjama ou vêtements civils traînent les pieds, l'air absent. Une porte avec un panneau 'Salle à manger'. The Man est assis seul à une table, devant une assiette de nourriture tiède dans une assiette en plastique blanc. Il regarde son repas sans expression.

Narrator:La clinique de Perreux sentait le détergent citron et les âmes en transit.

Panel 3:The Man se tient près de la fenêtre d'une chambre commune, regardant dehors. Son profil est tendu. À travers la vitre, on entrevoit un parc avec des arbres et du ciel gris. D'autres patients sont visibles en arrière-plan, vautrés dans des fauteuils, immobiles.

Narrator:On y dormait dans des draps trop raides, on y bavait ses nuits de neuroleptiques.

Panel 4:Gros plan sur le visage de The Man, les yeux fermés. Une larme coule sur sa joue. Son expression est vide, résignée. Autour de lui, le flou des murs blancs de la clinique.

Narrator:Je connaissais l'endroit. Pas ma première fois. Probablement pas la dernière.

Panel 5:The Man se lève lentement d'un fauteuil dans le couloir. Ses mains tremblent légèrement. Son regard se tourne vers une porte vitrée au fond du couloir, par laquelle on aperçoit de la verdure et de la lumière. Une infirmière de la Clinic Staff passe derrière lui sans le regarder.

Narrator:Et puis, un matin — ou peut-être un après-midi — quelque chose a bougé.

Panel 6:The Man pousse la porte vitrée qui s'ouvre vers l'extérieur. La lumière d'août l'enveloppe soudainement, brillante et chaude. Son silhouette se détache contre ce flot de clarté. Derrière lui, l'intérieur gris de la clinique semble s'estomper.

Narrator:Pas brutalement. Plutôt comme une vitre qui se dégèle par en dessous.

PAGE 2

Panel 1:The Man marche dans le parc de la clinique. Autour de lui, la végétation est luxuriante, d'un vert presque obscène, gorgée de soleil et d'humidité. Des arbres feuillus créent des zones d'ombre et de lumière. Le ciel au-dessus est vaste et sans nuages. The Man a les yeux fermés, le visage levé vers le soleil. Ses écouteurs sont sur ses oreilles, reliés à un lecteur mp3 qu'il tient à la main.

Narrator:Je suis sorti dans le parc. La lumière était d'une densité presque obscène.

Panel 2:Gros plan sur le visage de The Man. Ses yeux sont ouverts maintenant, fixant quelque chose au-delà du cadre. Sa mâchoire est légèrement détendue, contrairement à sa rigidité habituelle. La lumière du soleil illumine son profil, créant des ombres définies sur ses traits.

Narrator:Ce vert-là, ce vert de début août gorgé de soleil et d'humidité douce, ce vert qui déborde.

Panel 3:The Man commence à marcher plus vite entre les allées du parc. Son corps se penche légèrement en avant, comme s'il était poussé par une force invisible. Les arbres et la verdure le entourent de toutes parts. Son posture, habituellement raide et repliée, s'ouvre légèrement.

Narrator:Il m'a traversé comme une lame propre.

Panel 4:The Man court maintenant entre les allées du parc, ses bras commencent à se lever légèrement. Son expression est concentrée, les yeux grands ouverts. La verdure l'entoure en tourbillon. Son mouvement est rapide, presque dansé.

Narrator:J'ai marché vite. Puis plus vite. Virovolté entre les allées.

Panel 5:The Man est en mouvement, tournant sur lui-même au cœur du parc. Ses bras sont plus écartés maintenant, son corps semble léger, presque suspendu. Le ciel vert et bleu tourne autour de lui. Ses écouteurs sont toujours en place. Son expression n'est pas joyeuse, mais libérée.

Narrator:Comme si mes jambes avaient pris une décision sans me consulter.

Panel 6:Vue en plongée du parc : The Man est une silhouette au centre de la verdure, les bras levés vers le ciel. Le parc s'étend autour de lui, dense et vert. Au loin, on entrevoit les murs gris de la clinique, minuscules et floues, presque insignifiants.

Narrator:Le corps qui disparaît. L'événement rare entre tous.

PAGE 3

Panel 1:Gros plan sur le visage de The Man en mouvement. Ses yeux sont brillants, sa bouche est légèrement ouverte. Pour la première fois, son expression semble vivante, transportée. Des gouttes de sueur brillent sur son front sous la lumière du soleil.

Narrator:Plus de poids, plus de verdict, plus de ce visage que je ne supporte pas.

Panel 2:The Man continue de tournoyer, ses bras maintenant complètement levés au-dessus de sa tête. Son silhouette se détache contre le feuillage vert et le ciel bleu. Son mouvement est fluide, presque dansé. Autour de lui, le parc semble vibrer de couleurs.

Narrator:Ce corps que je traîne depuis toujours comme une preuve à charge contre moi-même.

Panel 3:Vue de profil de The Man, arrêté momentanément, la tête rejetée en arrière, le visage exposé au soleil. Ses yeux sont fermés, son expression est d'une paix fragile. Un écouteur pend de son oreille. Derrière lui, des arbres et du ciel.

Narrator:Je ne m'aime pas. Ma phrase fétiche. Mon refrain.

Panel 4:The Man reprend sa course entre les allées du parc. Son corps se déplace rapidement, presque flottant. Les arbres et la verdure forment un tunnel de couleur verte autour de lui. La lumière crée des stries dorées sur son chemin.

Narrator:Mais là — pendant trois minutes et quarante-sept secondes — je n'existais plus.

Panel 5:Vue large du parc : The Man court vers le fond du cadre, sa silhouette devenant plus petite au fur et à mesure qu'il s'éloigne. Le parc s'étend devant lui, infiniment vert. Le ciel au-dessus est vaste et dégagé. Aucun autre être humain n'est visible.

Narrator:J'étais du mouvement dans de la lumière. Du son dans du vert.

Panel 6:Gros plan sur les écouteurs dans les oreilles de The Man. Autour, la verdure du parc, légèrement floue. Les écouteurs sont bien en place, connectés au lecteur mp3 qu'il tient toujours.

Narrator:Une larme qui décide d'être une cascade plutôt qu'une flaque.

PAGE 4

Panel 1:Vue de l'intérieur de la salle commune de la clinique. Une fenêtre donne sur le parc. Les autres patients sont assis dans des fauteuils, immobiles, l'air vide. L'un d'eux regarde vaguement vers la fenêtre. Clinic Staff, debout près d'une porte, regarde une feuille de papier avec une expression de professionnalisme détaché.

Narrator:Les autres patients ? Absents. Dissous.

Panel 2:Gros plan sur Clinic Staff regardant par la fenêtre vers le parc. Son expression change légèrement : elle fronce les sourcils, une certaine confusion apparaît dans ses yeux. À travers la vitre, on entrevoit la silhouette de The Man en mouvement dans la verdure.

Narrator:Le monde réel suspendu quelque part de l'autre côté des grilles.

Panel 3:Vue de la fenêtre grillagée de la clinique. À travers les barreaux, on voit The Man qui tourne sur lui-même dans le parc, ses bras levés, sa silhouette se détachant contre la verdure et le ciel bleu.

Narrator:Ce bien-être soudain, cette légèreté, cette certitude.

Panel 4:Clinic Staff se tourne complètement vers la fenêtre. Son expression s'est transformée : confusion et malaise sont maintenant visibles sur son visage. Ses mains tiennent la feuille de papier un peu plus serrée. Elle observe The Man intensément.

Clinic Staff: Infirmière, cet homme dans le parc...

Panel 5:Vue large de la salle commune. Clinic Staff s'approche de la fenêtre, son pas est rapide, son expression concentrée. Elle tient toujours sa feuille. Un autre patient lève légèrement la tête en la voyant passer.

Clinic Staff: C'est The Man. Il ne devrait pas...

Panel 6:Gros plan sur le visage de Clinic Staff à la fenêtre, regardant dehors. Son expression est maintenant clairement troublée. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche légèrement entrouverte. Derrière elle, le flou de la salle commune avec ses patients immobiles.

Narrator:Ce que je ne savais pas encore, c'est que je glissais vers le haut.

PAGE 5

Panel 1:The Man est immobile au centre du parc, les bras retombés le long de son corps. Son respirant est rapide, visible par le mouvement de sa poitrine. Son visage est couvert de sueur. Il regarde autour de lui, comme s'il revenait lentement à la réalité. La lumière d'août reste intense.

Narrator:La phase montante. L'hypomanie qui ressemble à la guérison.

Panel 2:The Man ôte lentement ses écouteurs de ses oreilles. Ses gestes sont précis, conscients. Il regarde le lecteur mp3 dans sa main, puis son regard se lève vers le ciel bleu au-dessus du parc. Son expression est un mélange de soulagement et de confusion.

Narrator:Comme un faux ami ressemble à un ami.

Panel 3:Vue de profil de The Man, assis maintenant sur un banc du parc. Son dos est droit, mais son expression est vide, comme s'il revenait lentement d'un rêve. Il regarde droit devant lui. Le parc s'étend derrière lui, toujours aussi vert et lumineux.

Narrator:Ce bien-être soudain, cette légèreté, cette certitude que tout allait s'arranger.

Panel 4:Gros plan sur les mains de The Man, reposant sur ses genoux. Ses doigts tremblent légèrement. Le lecteur mp3 est serré dans sa paume droite. Autour, le tissu de son jean usé et ses chaussures de travail.

Narrator:C'était le signe que rien n'était arrangé du tout.

Panel 5:The Man lève les yeux vers le ciel. Son visage est exposé à la lumière d'août. Une larme coule sur sa joue. Son expression est indéchiffrable : ni joie, ni tristesse, mais quelque chose de plus complexe, une suspension entre deux états.

Narrator:Aujourd'hui quand j'écoute ce morceau, les larmes viennent encore.

Panel 6:Vue large du parc vide. The Man est une petite silhouette assise sur un banc, entouré de verdure infinie. Le ciel bleu s'étend au-dessus. Les murs gris de la clinique sont visibles au loin, mais floués, presque irréels.

Narrator:Pour ce moment-là. Pour cet homme de 46 ans qui virevoltait.

PAGE 6

Panel 1:Vue de la porte d'entrée de la clinique. The Man s'approche lentement, ses mouvements sont ralentis, presque mécaniques. Clinic Staff l'attend à la porte, les bras croisés, une expression de préoccupation et de reproche sur son visage. Son regard est dur.

Clinic Staff: Où étiez-vous? Vous avez quitté l'aile sans autorisation.

Panel 2:Gros plan sur le visage de The Man. Il ne répond pas immédiatement. Ses yeux sont fatigués, son expression est fermée. Il regarde Clinic Staff, mais son regard semble venir de loin, comme s'il était encore partiellement ailleurs.

The Man: Je... je suis allé marcher.

Panel 3:Clinic Staff secoue légèrement la tête. Son expression se durcit davantage. Elle se tourne légèrement de côté, comme si elle allait l'accompagner à l'intérieur. Derrière elle, on entrevoit le couloir fluorescent de la clinique.

Clinic Staff: Vous allez bien? Vous avez l'air... différent.

Panel 4:The Man baisse les yeux. Ses mains tremblent légèrement. Il serre le lecteur mp3 dans sa poche. Son expression est vague, comme s'il essayait de se souvenir de quelque chose qu'il ne peut pas tout à fait saisir.

The Man: Je me sens... léger.

Panel 5:Clinic Staff et The Man franchissent ensemble la porte d'entrée, se dirigeant vers le couloir fluorescent. Clinic Staff marche légèrement devant, guidant The Man. Son expression reste préoccupée. Au-delà de la porte, on entrevoit le parc et la lumière d'août.

Narrator:Pour cette version de moi-même — si rare, si fugace, si introuvable.

Panel 6:Vue du couloir fluorescent de la clinique. The Man et Clinic Staff disparaissent vers le fond du couloir. Les néons bourdonnent au-dessus. D'autres patients sont visibles dans le flou, immobiles. La porte d'entrée reste ouverte derrière eux, révélant un dernier aperçu du parc vert et de la lumière d'août.

Narrator:Pas aujourd'hui.

PAGE 7

Panel 1:La chambre de The Man à la clinique. Il est assis sur le bord du lit, le lecteur mp3 à la main. Il l'observe comme s'il était un objet étrange. La lumière du jour filtre par la fenêtre grillagée. Son expression est vide.

Narrator:La musique indifférente, le soleil patient, et l'homme suspendu.

Panel 2:Gros plan sur l'écran du lecteur mp3. Le titre 'Every Teardrop Is a Waterfall' par Coldplay est affiché. Les chiffres du minuteur indiquent 3:47.

Narrator:Trois minutes et quarante-sept secondes.

Panel 3:The Man repose le lecteur mp3 sur la table de nuit. Il regarde ses mains. Elles tremblent. Il les observe comme s'il ne les reconnaissait pas. Son visage est exhausted, vidé.

Narrator:C'est tout ce qu'il a fallu.

Panel 4:The Man se couche sur le lit. Il s'allonge sur le dos, les yeux fixant le plafond blanc. Son corps est complètement immobile. Le drap blanc le recouvre partiellement. Une plaquette de médicaments est visible sur la table de nuit.

Narrator:Trois minutes et quarante-sept secondes de liberté.

Panel 5:Gros plan sur le visage de The Man allongé. Ses yeux sont fermés. Une larme coule de son œil gauche vers sa tempe. Son expression est paisible, mais fragile. Autour, le blanc du plafond et du drap.

Narrator:Ou peut-être de folie.

Panel 6:Vue large de la chambre depuis la porte ouverte. The Man est couché sur le lit, immobile. La fenêtre grillagée révèle un ciel qui s'assombrit. La chambre est vide, stérile, froide. Un silence apparent émane de l'image.

Narrator:Pas aujourd'hui.

PAGE 8

Panel 1:Vue de la fenêtre grillagée de la chambre. À travers les barreaux, on voit le parc s'assombrir avec le crépuscule. Les arbres sont maintenant des silhouettes sombres contre un ciel gris-bleu. La lumière d'août s'efface lentement.

Narrator:Aujourd'hui quand j'écoute ce morceau, je ferme les yeux.

Panel 2:The Man, allongé sur le lit dans l'obscurité croissante de sa chambre, porte les écouteurs. Ses yeux sont fermés. Le lecteur mp3 brille faiblement à côté de lui sur la table de nuit. Son visage est apaisé, mais marqué par la fragilité.

Narrator:Et je revois cet homme en train de tournoyer dans la lumière.

Panel 3:Gros plan sur le visage de The Man avec les écouteurs. Ses traits sont détendus, presque doux. Une larme brille sur sa joue dans la pénombre. Son expression est indéchiffrable : entre la souffrance et une forme de grâce.

Narrator:Cet homme qui a cru toucher quelque chose de vrai.

Panel 4:Vue large de la chambre. The Man est une silhouette allongée sur le lit. La fenêtre grillagée révèle un ciel maintenant bleu-noir. Les murs blancs sont devenus gris. La chambre est vide, silencieuse, fermée.

Narrator:Si rare. Si fugace. Si introuvable.

Panel 5:Vue de l'extérieur : le parc de la clinique la nuit. Les arbres sont des silhouettes sombres. Le ciel est bleu-noir. Un silence apparent règne. Aucun mouvement, aucune vie visible.

Narrator:Jusqu'à la prochaine fois que je l'écoute.

Panel 6:Plan final : le lecteur mp3 sur la table de nuit, l'écran affichant toujours '3:47'. Autour, l'obscurité de la chambre. La lumière du lecteur crée une petite auréole sur la table. C'est un objet solitaire, précieux, presque sacré.

Narrator:Trois minutes et quarante-sept secondes. C'est tout ce qu'il faut pour renaître. Ou pour mourir un peu plus lentement.

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