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LA BANDE-SON DE MA VIE

Mariposa Traicionera

Un homme parcourt son chemin de vie en se remémorant les morceaux de musique qui ont jalonné ses étapes importantes.

“Eres como una mariposa… vuelas y te posas…” Mariposa Traicionera — Maná, 2002 J’ai 46 ans. 2011. Nicaragua. San Juan del Sur me colle à la peau comme une mauvaise fièvre. Le bar est ouvert sur la plage, éventré côté mer, et le soleil réel entre par la gauche — brutal, blanc, sans nuance — il écrase tout, les tables, les verres, les illusions. Et en face de moi — il y a elle. Petite. Typée nicaraguayenne. Dense. Vivante. Mon autre soleil. Elle me regarde avec ce sourire appris mille fois, mais pas complètement vide. Et ça suffit à dérégler la pièce. À créer une seconde source de lumière. Une fausse. Une dangereuse. Je bois une bière trop tiède. Elle a ce goût de métal mouillé, de fatigue liquide. Je pourrais me lever, partir, disparaître dans la chaleur comme un chien sans nom. Mais je reste. Cloué. Comme si ce double soleil m’avait fixé là, entre deux vérités incompatibles. Mariposa traicionera. La chanson suinte des enceintes. Elle parle de femmes, de trahison, de désir — comme si c’était un folklore inévitable. Comme si on acceptait tous, à un moment, de se faire vider proprement. Le vrai soleil me brûle la tempe gauche. Elle, en face, me réchauffe autrement. Plus bas. Plus sale. Je suis venu ici pour fuir une rupture. Mot élégant pour dire : j’ai échoué à rester. Encore. Alors je dérive. Bars, rues, regards, corps possibles. Toujours cette oscillation grotesque : vouloir disparaître et, en même temps, être vu — ne serait-ce qu’un instant — dans une version tolérable de moi-même. Elle s’approche. Pose la bière. Ses doigts frôlent la table, pas les miens. Précision professionnelle. Distance maîtrisée. Mais son odeur — quelque chose de sucré, presque fruité, mélangé à la sueur — me traverse comme un souvenir que je n’ai pas vécu. Je pourrais tenter. Dire quelque chose. M’inventer encore. Mais je sais déjà la suite. Une chambre mal ventilée, un ventilateur qui grince comme un animal blessé, des gestes trop rapides, trop mécaniques. Et au milieu — ce moment obscène où même le désir se met à sonner faux. Mariposa. Elle s’éloigne. Le vrai soleil continue de cogner. Le faux aussi. Deux lumières. Aucune vérité. Je sors du bar. La plage est aveuglante. Le sable brûle. Les chiens errent comme des pensées abandonnées. Il y a cette beauté — violente, tropicale, presque indécente — et moi dedans, mal ajusté, toujours. Je marche. La chaleur m’écrase. Mon corps devient lourd, inutile. Je sens le sel, la crasse, la fatigue accumulée dans chaque pore. Et pourtant, par éclats, quelque chose s’ouvre — une sensation presque pure d’exister, débarrassée du regard des autres. Mais ça ne dure jamais. Je reviens. Ou ailleurs. Même chose. Le bar respire encore. Elle aussi. Mais la lumière a changé. Le vrai soleil descend. L’autre s’est éteint. Elle ne me voit plus. Et moi, je reste avec cette équation bancale : Ce qu’on fuit brûle moins que ce qu’on cherche. La chanson tourne encore. Indifférente. Comme toujours. Je finis ma bière. Et je comprends — trop tard, ou trop tôt — que je ne suis ni attiré par la lumière, ni par les femmes, ni même par la fuite. Juste par cette fracture. Ce point précis où tout se dédouble… et ne se rejoint jamais.

Slice of LifeEuropean BDFrench8 pages
▸ CAST

CHARACTERS

Clinic Staff

minor

A woman in her mid-fifties with shoulder-length, lightly permed light brown hair streaked with gray. She wears thin, gold-rimmed reading glasses, a soft gray knit cardigan over a plain white button-up blouse, and dark tailored slacks. Her initial expression is one of practiced, detached professionalism with glazed eyes, which shifts to visible discomfort and confusion as the scene unfolds. Designed in a realistic European BD comic art style.

The Man

supporting

A man in his early thirties with a weary, hollow-cheeked face, intense dark eyes, and messy, short dark-brown hair. He has light stubble along a clenched jawline and slight nicotine stains on his fingers. He is dressed in a faded dark green canvas jacket over a simple gray crewneck sweater, worn dark jeans, and scuffed work boots. He carries a weathered, dark grey canvas backpack. His posture is stiff and guarded, conveying deep internal tension. Designed in a realistic European BD comic art style.

Narrator

supporting

Girl

supporting

A young woman in her early twenties with a lively, expressive face. She has shoulder-length, wavy chestnut brown hair, bright hazel eyes, and fair skin. She is dressed for a winter chalet party in a chunky, oversized knit sweater with a traditional Scandinavian pattern in cream and red, paired with dark slim-fit jeans. Her look is casual, warm, and natural, typical of a European BD comic style.

PAGE 1

Panel 1:Un bar de plage au Nicaragua, ouvert côté mer. The Man est assis seul à une table en bois blanc usé. Il porte sa veste de canvas vert foncé sur un pull gris, ses cheveux brun-noir courts et désordonnés encadrent un visage creusé par la fatigue. Il regarde vers la mer. Le soleil blanc et brutal entre par la gauche, écrasant tout de lumière crue. L'océan bleu turquoise scintille en arrière-plan. Des palmiers frêles et des chaises vides complètent la scène. Une bière à demi-vide repose sur la table devant lui.

Narrator:J'ai 46 ans. 2011. Nicaragua.

Panel 2:Gros plan sur le visage de The Man. Ses yeux sombres et intenses fixent quelque chose — ou rien. Ses mâchoires sont serrées, avec un léger duvet de barbe. Il respire lentement. Derrière lui, flou mais présent, on voit le soleil qui continue de frapper la plage.

Narrator:San Juan del Sur me colle à la peau comme une mauvaise fièvre.

Panel 3:La jeune femme nicaraguayenne — cheveux châtain ondulés, yeux vifs et hazel, peau claire — s'approche de la table de The Man. Elle porte un chemisier blanc simple et un short de lin. Son sourire est professionnel mais pas vide. Elle pose une bière froide sur la table. Ses doigts frôlent le bord du verre mais pas la main de The Man. Précision maîtrisée.

Girl: Encore une bière?

Panel 4:The Man lève les yeux vers elle. Son regard croise le sien pendant une fraction de seconde. Leurs yeux se rencontrent. Elle ne détourne pas immédiatement. Autour d'eux, le bar respire — d'autres tables, des verres, le vide tropical qui s'étire.

The Man: Oui. Merci.

Panel 5:Elle s'éloigne. The Man suit son mouvement des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse à l'intérieur du bar. La bière fraîche repose devant lui, des gouttelettes de condensation dégoulinent le long du verre. Le soleil continue de frapper la table.

Narrator:Elle s'approche. Pose la bière. Ses doigts frôlent la table, pas les miens.

Panel 6:The Man porte la bière à ses lèvres. Son expression est vide, résignée. En arrière-plan, des haut-parleurs accrochés au mur laissent suinter la musique — les paroles de « Mariposa Traicionera » sont presque inaudibles mais omniprésentes. Le vrai soleil frappe sa tempe gauche, laissant une marque rouge et brillante.

Narrator:Mariposa traicionera. La chanson suinte des enceintes.

PAGE 2

Panel 1:Vue large du bar de plage. The Man est toujours assis, immobile. La jeune femme circule entre les tables, servant d'autres clients — des touristes, des locaux. Elle ne jette pas un regard à The Man. Le soleil blanc continue de tout éclairer sans pitié. Des palmiers se balancent légèrement. Le ciel bleu est sans nuance.

Narrator:Je suis venu ici pour fuir une rupture.

Panel 2:Gros plan sur l'odeur invisible — représentée par une légère brume dorée autour de la table. The Man ferme les yeux. Son nez se dilate légèrement. On voit sur son visage que quelque chose passe à travers lui — sucré, fruité, mélangé à la sueur. Un souvenir qui n'a pas eu lieu.

Narrator:Son odeur — quelque chose de sucré, presque fruité, mélangé à la sueur — me traverse comme un souvenir que je n'ai pas vécu.

Panel 3:The Man ouvre les yeux. Il regarde fixement vers la mer. Ses mains reposent sur la table, immobiles. Ses doigts tremblent légèrement — une tension visible. Autour de lui, le bar continue son ballet indifférent. La jeune femme rit quelque part, hors de son champ de vision.

Narrator:Je pourrais tenter. Dire quelque chose. M'inventer encore.

Panel 4:Flashforward fugace : une chambre mal ventilée. Un ventilateur grince comme un animal blessé. Les corps de The Man et de la jeune femme sont entrecroisés, vus de haut. Les gestes sont trop rapides, trop mécaniques. L'image est trouble, presque abstraite — comme un souvenir d'une chose qui n'a pas encore eu lieu mais qu'il connaît déjà.

Narrator:Une chambre mal ventilée, un ventilateur qui grince. Des gestes trop rapides, trop mécaniques.

Panel 5:Retour au bar. The Man ferme les yeux, comme s'il venait de se réveiller d'un rêve. La bière est maintenant tiède devant lui. La jeune femme passe à côté de sa table sans le voir. Le soleil a légèrement changé de position mais reste tout aussi blanc et brutal.

Narrator:Et au milieu — ce moment obscène où même le désir se met à sonner faux.

Panel 6:The Man se lève lentement de sa chaise. La bière tiède reste sur la table, à demi-vide. Ses mains s'appuient sur le bord de la table pour se relever. Son corps est lourd, inutile. Il regarde une dernière fois la jeune femme — elle rit avec un client, complètement indifférente à son départ.

Narrator:Mariposa. Elle s'éloigne.

PAGE 3

Panel 1:The Man marche sur la plage. Le sable blanc et brûlant s'étire devant lui, infini. Le soleil écrase tout. Des chiens errants rôdent, maigres et sans but, comme des pensées abandonnées. L'océan bleu turquoise scintille à l'horizon. Pas un nuage. Le ciel est d'un bleu presque agressif.

Narrator:Je sors du bar. La plage est aveuglante.

Panel 2:Gros plan sur les pieds de The Man qui enfoncent le sable chaud. Ses bottes de travail usées laissent des traces qui disparaissent immédiatement derrière lui. Le sable est brillant, presque blanc. On sent la chaleur rayonner du sol.

Narrator:Le sable brûle. Les chiens errent comme des pensées abandonnées.

Panel 3:The Man s'arrête. Il regarde vers l'horizon — l'océan qui s'étire sans fin. Son corps est courbé, épuisé. Il respire lentement, profondément. Autour de lui, le vide tropical — aucun humain, seulement la chaleur et le bruit de l'océan. Son visage est rouge, brûlé par le soleil.

Narrator:La chaleur m'écrase. Mon corps devient lourd, inutile.

Panel 4:Vue à travers les yeux de The Man — une perspective POV de l'océan infini, du ciel bleu sans nuance, du sable blanc qui s'étire. Aucun humain. Aucun refuge. Juste la vastité vide de la nature.

Narrator:Il y a cette beauté — violente, tropicale, presque indécente.

Panel 5:The Man ferme les yeux. Son corps se détend légèrement. Pendant un instant fugace, on voit son expression s'adoucir — quelque chose s'ouvre en lui, une sensation presque pure d'exister, débarrassée du regard des autres. C'est un moment de grâce brève.

Narrator:Et pourtant, par éclats, quelque chose s'ouvre.

Panel 6:The Man ouvre les yeux. L'instant de grâce a disparu. Son expression redevient figée, vide. Il commence à marcher de nouveau, ses pas lourds sur le sable. L'océan continue indifférent. Le soleil continue de frapper.

Narrator:Mais ça ne dure jamais.

PAGE 4

Panel 1:The Man marche le long de la plage. Plusieurs heures ont passé — le soleil a légèrement changé de position. Son corps est plus courbé, plus épuisé. Il y a du sel sur ses cheveux, de la crasse sur sa veste de canvas vert foncé. Ses traits sont brûlés, rouges. Il ne regarde rien.

Narrator:Je sens le sel, la crasse, la fatigue accumulée dans chaque pore.

Panel 2:Gros plan sur le visage de The Man. Ses yeux sont rouges, fatigués. Du sel perlé sur sa peau. Ses lèvres sont sèches, craquelées. Il respire lentement, presque mécaniquement. C'est le visage d'un homme qui a marché trop longtemps.

Narrator:Mon corps devient lourd, inutile.

Panel 3:The Man regarde vers le bar — il est revenu à proximité de l'établissement. Le bar respire toujours, lumineux et vivant. À travers les ouvertures, on voit des silhouettes de clients. La jeune femme — aperçue fugacement — circule entre les tables.

Narrator:Je reviens.

Panel 4:The Man entre dans le bar. La jeune femme ne lève pas les yeux vers lui. Elle sert une autre table. Le soleil a changé de position — il descend vers l'horizon. La lumière dorée et chaude entre maintenant par la droite, créant des ombres longues et douces. Le faux soleil (la jeune femme) s'est éteint.

Narrator:Le bar respire encore. Elle aussi. Mais la lumière a changé.

Panel 5:The Man s'assoit à sa table originelle. Sa bière tiède est toujours là, à demi-vide. Il la regarde fixement. Autour de lui, le bar a changé — la lumière est différente, plus douce, plus honnête. Les autres clients rient, parlent, vivent. The Man reste seul.

Narrator:Elle ne me voit plus. Et moi, je reste avec cette équation bancale.

Panel 6:Gros plan sur le verre de bière tiède. Les bulles sont mortes. Le liquide est plat, sans vie. Autour du verre, la condensation a disparu depuis longtemps. C'est l'image d'une chose qui a eu sa chance et l'a laissée passer.

Narrator:Ce qu'on fuit brûle moins que ce qu'on cherche.

PAGE 5

Panel 1:Vue large du bar au coucher du soleil. The Man est assis seul. La jeune femme circule toujours, mais elle n'est plus qu'une silhouette parmi les autres. Le soleil descend vers l'horizon, créant une lumière dorée qui remplace la lumière blanche brutale de midi. Le ciel passe du bleu au rose-orange.

Narrator:La chanson tourne encore. Indifférente.

Panel 2:Les haut-parleurs du bar laissent toujours suinter « Mariposa Traicionera ». On voit les notes de musique flotter invisiblement dans l'air — représentées par des ondulations visuelles douces. The Man écoute, immobile. Le soleil touche presque l'horizon.

Narrator:Comme toujours.

Panel 3:The Man porte son verre à ses lèvres. Il boit la bière tiède jusqu'au bout. Son expression est vide, presque mécanique. Il n'y a pas de satisfaction, pas de plaisir — juste l'accomplissement d'un geste automatique. Le soleil est maintenant bas à l'horizon.

Narrator:Je finis ma bière.

Panel 4:Gros plan sur les yeux de The Man. Ils sont vides, mais pas sans conscience. Il y a une lucidité terrible dans ce regard — une compréhension soudaine et définitive. Son expression change légèrement — pas dramatiquement, juste une contraction des muscles autour de ses yeux.

Narrator:Et je comprends — trop tard, ou trop tôt.

Panel 5:The Man regarde autour de lui — le bar, la jeune femme qui sert d'autres tables, l'océan visible par l'ouverture, le soleil qui descend. Chaque élément est distinct, séparé, irréconciliable. Aucune fusion possible. Aucune unité.

Narrator:Que je ne suis ni attiré par la lumière, ni par les femmes, ni même par la fuite.

Panel 6:Vue finale du bar. The Man reste assis seul. La jeune femme est maintenant hors de son champ de vision, ou trop loin pour être significative. Le soleil a presque disparu à l'horizon. Le ciel est maintenant rose-violet. L'océan est calme, indifférent. Le bar continue son ballet, indifférent.

Narrator:Juste par cette fracture. Ce point précis où tout se dédouble… et ne se rejoint jamais.

PAGE 6

Panel 1:The Man se lève lentement de sa chaise. Ses mouvements sont épuisés mais résolus. La nuit commence à tomber. Les premières étoiles apparaissent dans le ciel rose-violet. Le bar s'illumine de lumières chaudes. La jeune femme allume les lampes.

Narrator:Il y a cette fracture.

Panel 2:The Man marche vers la sortie du bar. La jeune femme le voit passer mais ne dit rien. Leurs regards ne se croisent pas. Il y a une acceptation muette dans le moment — pas de drame, pas de confrontation, juste deux êtres qui se croisent et se manquent.

Narrator:Ce point précis.

Panel 3:The Man sort du bar et se retrouve sur la plage. La nuit tombe rapidement. Les étoiles scintillent. L'océan est maintenant noir, seules ses crêtes blanches sont visibles sous la lumière lunaire qui commence à émerger. Le sable est gris, neutre. Aucune chaleur ne rayonne plus.

Narrator:Où tout se dédouble.

Panel 4:Gros plan sur le visage de The Man. Il marche seul. Ses traits sont adoucis par la pénombre naissante. Il n'y a pas d'expression dramatique — juste une absence, une acceptation paisible. Ses yeux regardent vers l'horizon où l'océan et le ciel se confondent.

Narrator:Et ne se rejoint jamais.

Panel 5:Vue large de la plage la nuit. The Man est une silhouette solitaire qui marche vers l'infini. L'océan noir s'étire infini. Le ciel nocturne est rempli d'étoiles. Il n'y a plus de soleil — juste deux sources de lumière qui ne se rencontrent jamais : les étoiles et la lune.

Narrator:Deux lumières. Aucune vérité.

Panel 6:Vue finale et lointaine : The Man n'est plus qu'une silhouette minuscule sur la plage infinie. L'océan noir s'étire sans fin. Le ciel nocturne est empli d'étoiles indifférentes. Le silence est total. Aucune musique. Aucune lumière fausse. Juste l'immensité vide de la nuit et un homme qui continue à marcher.

Narrator:Mariposa traicionera.

PAGE 7

Panel 1:Retour au bar la nuit. À travers les ouvertures, on voit les clients qui rient, parlent, vivent. Le bar est maintenant vibrant de vie — lumières chaudes, musique, mouvement. La jeune femme sert les clients avec sourire. Tout continue indifférent à The Man qui a disparu.

Narrator:Le bar respire.

Panel 2:Gros plan sur la jeune femme. Elle rit avec un client. Ses yeux sont vivants, lumineux. Elle n'a jamais pensé à The Man. Elle n'a jamais su qu'il était là. Elle n'a jamais su qu'il la voyait comme un faux soleil. Elle est simplement elle-même — une jeune femme qui vit, qui travaille, qui existe sans le savoir.

Girl: Vous voulez une autre bière?

Narrator:Elle aussi.

Panel 3:Vue lointaine de la plage la nuit. The Man est maintenant très loin, presque invisible. Il continue de marcher. L'océan et le ciel sont indistincts. Il n'y a que deux sources de lumière — la lune et les étoiles — qui ne se rencontrent jamais.

Narrator:Mais la lumière a changé.

Panel 4:Gros plan sur le ciel nocturne. Les étoiles scintillent indifféremment. La lune est haute, blanche et froide. Il n'y a aucune chaleur dans cette lumière — juste une clarté objective qui n'a aucune intention. Le noir de l'espace est infini.

Narrator:Le vrai soleil descend. L'autre s'est éteint.

Panel 5:Vue finale de The Man sur la plage. Il s'est arrêté. Il regarde vers l'océan noir infini. Ses bras pendent le long de son corps, immobiles. Son silhouette est minuscule contre l'immensité de la nuit. Il n'y a aucun drame dans ce moment — juste une acceptation profonde et silencieuse.

Narrator:Et moi, je reste avec cette équation bancale.

Panel 6:Gros plan ultime sur le visage de The Man dans la nuit. Ses traits sont apaisés. Il n'y a pas de sourire, pas de satisfaction — juste une absence de lutte. Ses yeux regardent vers l'infini. Il a compris quelque chose qui ne peut pas être dit — seulement vécu.

Narrator:Aucune vérité.

PAGE 8

Panel 1:Vue très large de la plage nocturne. The Man est une silhouette minuscule au loin. L'océan noir s'étire infini dans toutes les directions. Le ciel nocturne est rempli d'étoiles. Il n'y a aucun mouvement. C'est une image de solitude absolue et paisible.

Narrator:Ce qu'on fuit brûle moins que ce qu'on cherche.

Panel 2:Transition : le bar la nuit, vu de très loin. Les lumières chaudes du bar brillent comme une petite île de vie au bord de la plage. À l'intérieur, la jeune femme continue de servir, indifférente. The Man n'y est plus.

Narrator:Le bar respire encore.

Panel 3:Gros plan sur l'océan noir. Les vagues douces frappent le sable sans urgence. Il n'y a aucun bruit dramatique — juste le son régulier et indifférent de l'océan qui existe depuis des millions d'années et qui existera longtemps après The Man.

Narrator:Elle aussi.

Panel 4:Vue finale de The Man sur la plage. Il marche toujours, mais son silhouette devient progressivement moins distincte, se fondant dans l'obscurité. Il est presque invisible maintenant. Bientôt, il ne restera plus rien.

Narrator:Mariposa traicionera.

Panel 5:Vue abstraite : deux sources de lumière qui ne se rencontrent jamais. À gauche, la lune blanche et froide. À droite, le souvenir d'un faux soleil (la jeune femme, représentée par une forme indistincte). Entre elles, l'obscurité absolue. Aucun pont. Aucune fusion.

Narrator:Deux lumières.

Panel 6:Noir absolu. La page devient noire, sauf pour une très fine ligne d'horizon — presque invisible — qui sépare le ciel de l'océan. Il n'y a rien d'autre. Pas de The Man. Pas de bar. Pas de jeune femme. Juste le vide et cette ligne invisible qui sépare deux néants.

Narrator:Aucune vérité.

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