Un canto a Galicia
Un homme parcourt son chemin de vie en se remémorant les morceaux de musique qui ont jalonné ses étapes importantes.
« Un canto a Galicia, terra nai, terra meiga… » Julio Iglesias — Un canto a Galicia — 1972 J’ai huit ans, peut-être neuf. 1972 me traverse sans que je sache compter, mais je sais déjà reconnaître la fatigue d’un homme dans la manière qu’il a de s’asseoir. Mon père s’écrase dans le salon comme un sac de ciment mal refermé. L’odeur de tabac froid lui colle à la peau, une odeur grasse, presque animale, mêlée à celle d’un café oublié trop longtemps sur la plaque. Le meuble en bois grince comme un vieux chien qu’on dérange. Sur l’étagère, il y a ce tourne-disque — une sorte d’autel domestique, minuscule cathédrale pour pauvres exilés. Je regarde ses doigts. Épais, un peu sales, les ongles bordés de noir comme s’il grattait la terre même ici, en Suisse, loin de tout. Il sort le disque avec une lenteur presque religieuse. Le bruit du papier. Sec. Fragile. Comme une peau morte qu’on arrache sans douleur. Et puis la voix. Julio Iglesias qui pleure pour lui. Qui pleure à sa place. Parce que mon père, lui, ne pleure pas. Il ne sait pas. Il n’a jamais appris. Il avale tout, comme ces hommes qui confondent dignité et constipation émotionnelle. Le tapis rouge absorbe le monde. Motifs persans, labyrinthes absurdes où je laisse mes yeux se perdre pendant que la musique s’étire. J’y vois des fleuves, des routes, des veines. Tout mène ailleurs. Toujours ailleurs. Jamais ici. Mon père ferme les yeux. C’est là que ça arrive. Quelque chose se fissure dans son visage. Une douceur presque obscène, indécente, comme si un autre homme essayait de sortir de sa carcasse. Un homme qui aurait eu le droit d’être tendre. Qui aurait pu caresser sans brutalité, parler sans aboyer. Sa saudade. Je ne connaissais pas le mot, mais je reconnaissais la maladie. Une nostalgie qui ronge, qui suinte, qui fait de l’intérieur un terrain vague. Il était là, dans ce salon trop propre, trop suisse, avec ses murs blancs et son silence de morgue… et pourtant déjà ailleurs. En Galice. Dans une lumière que je n’ai jamais vue. Avec des gens que je ne connaîtrai jamais. Moi, je reste. Assis sur le tapis, à sentir la laine râpeuse contre mes doigts, à écouter ce type chanter une terre que je n’ai pas. J’observe mon père comme on regarde un phénomène rare — une comète, ou un animal blessé qui accepte enfin de ne pas mordre. Le disque craque légèrement. Un défaut. Une cicatrice sonore. Ça me rassure. Parce que tout le reste menace de devenir beau. Et la beauté, chez nous, c’est suspect. Ça ne dure pas. Ça coûte trop cher. Quand la musique s’arrête, il rouvre les yeux. La douceur disparaît. D’un coup. Comme une lumière qu’on éteint dans une pièce vide. Il tousse, crache presque, se lève pour aller pisser ou allumer une autre cigarette — je ne sais plus. Peut-être les deux. Le tourne-disque continue de tourner dans le vide. Un cercle inutile. Comme nous. Je reste là, à fixer le vinyle noir, hypnotisé par sa rotation lente. J’ai envie que ça recommence. Pas la chanson — non. Juste ce moment où il devient quelqu’un d’autre. Quelqu’un que j’aurais pu aimer sans méfiance. Mais le salon redevient un salon. Le tapis redevient un tapis. Et mon père redevient un homme. Game over, déjà.
CHARACTERS
Clinic Staff
minor
The Man
supporting
Narrator
supporting
Girl
supporting
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Panel 1:Un garçon, âgé d'environ huit ou neuf ans, est assis sur un tapis persan aux motifs rouges et géométriques. Il porte des vêtements simples d'enfant des années 1970. Il regarde vers la gauche du cadre, ses yeux suivant quelque chose. Autour de lui, un salon suisse très propre, très blanc, très dépouillé. Les murs sont peints d'un blanc cassé. Un meuble en bois vernis occupe l'arrière-plan, avec des étagères. La lumière du jour entre par une fenêtre invisible, créant des ombres nettes et propres sur le sol. L'atmosphère est glaciale, hospitalière mais vide.
Narrator:“J'ai huit ans, peut-être neuf. 1972 me traverse sans que je sache compter.”
Panel 2:The Man — l'homme, la quarantaine, le visage creusé par la fatigue, aux traits lourds — s'écroule dans un fauteuil. Son corps tombe comme un sac de ciment mal refermé. Il porte une veste usée, une chemise froissée. Son visage est fermé, épuisé. L'odeur du tabac froid et du café oublié semble suinter de sa personne. Ses doigts, épais et légèrement sales, ont les ongles bordés de noir. Il regarde vers le bas, vers quelque chose qu'on ne voit pas encore.
Narrator:“Je sais déjà reconnaître la fatigue d'un homme dans la manière qu'il a de s'asseoir.”
Panel 3:Gros plan sur les mains de The Man. Ses doigts épais, un peu sales, les ongles bordés de noir, se tendent vers une pile de disques vinyles sur l'étagère. Le tourne-disque, minuscule cathédrale pour pauvres exilés, repose derrière les disques. Ses doigts saisissent délicatement un disque dans sa pochette en papier kraft. Le papier est sec, fragile, comme une peau morte qu'on arrache sans douleur.
Narrator:“Le bruit du papier. Sec. Fragile.”
Panel 4:Plan large du salon. Le garçon est toujours assis sur le tapis persan, ses yeux levés vers le tourne-disque. The Man place délicatement l'aiguille sur le disque qui tourne. Le disque commence à tourner. Le salon entier semble suspendu dans l'attente. Les murs blancs, les meubles en bois, tout est figé dans une immobilité presque religieuse. Le tapis aux motifs persans s'étend entre le garçon et le reste du monde.
Narrator:“Et puis la voix.”
Panel 5:Gros plan sur le visage du garçon. Ses yeux sont grands ouverts, fixés sur le tourne-disque. Son expression est celle d'une concentration absolue, d'une écoute totale. Derrière lui, on entend la voix de Julio Iglesias qui commence à sortir du haut-parleur, bien que nous ne la voyions pas. Les traits du garçon reflètent une compréhension précoce — il sait qu'il se passe quelque chose d'important, quelque chose de rare.
Narrator:“Julio Iglesias qui pleure pour lui. Qui pleure à sa place.”
Panel 6:Le visage de The Man. Ses yeux se ferment lentement. Son expression commence à changer — non pas dramatiquement, mais subtilement. Les rides de son visage se relâchent légèrement. Une douceur apparaît, presque imperceptible d'abord, puis de plus en plus évidente. C'est comme si un autre homme essayait de sortir de sa carcasse. Un homme qui aurait eu le droit d'être tendre. Ses mains reposent sur les accoudoirs du fauteuil, détendues pour la première fois depuis longtemps. La musique continue en arrière-plan.
Narrator:“Quelque chose se fissure dans son visage.”
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Panel 1:Plan large du salon. Le garçon est toujours assis sur le tapis, mais maintenant il observe son père avec une intensité nouvelle. The Man est enfoncé dans le fauteuil, les yeux fermés, le visage transformé par cette douceur rare. Le tourne-disque tourne toujours. Les motifs du tapis persan aux rouges et aux labyrinthes absurdes s'étendent entre eux comme un monde séparé. La lumière du jour remplit la pièce d'une blancheur presque liturgique.
Narrator:“J'y vois des fleuves, des routes, des veines. Tout mène ailleurs. Toujours ailleurs.”
Panel 2:Gros plan sur le visage du garçon. Ses yeux se sont écarquillés légèrement. Son expression mélange la concentration, la confusion, et une sorte de compréhension précoce de quelque chose qu'il ne peut pas nommer. Il regarde fixement son père, comme on regarde un phénomène rare — une comète, ou un animal blessé qui accepte enfin de ne pas mordre.
Narrator:“Quelque chose se fissure dans son visage. Une douceur presque obscène, indécente.”
Panel 3:Plan large du salon. La caméra se recule pour montrer la scène entière : le garçon assis sur le tapis persan, The Man enfoncé dans le fauteuil avec les yeux fermés et le visage doux, le tourne-disque qui tourne toujours, les murs blancs, les meubles en bois. C'est un tableau figé, une image de séparation absolue — deux hommes dans la même pièce, mais séparés par un gouffre infranchissable. Le disque tourne, la musique s'étire, et le temps semble suspendu.
Narrator:“Il était là, dans ce salon trop propre, trop suisse, avec ses murs blancs et son silence de morgue. Et pourtant déjà ailleurs.”
Panel 4:Gros plan sur le visage de The Man. Son visage, maintenant complètement transformé, exprime une vulnérabilité rare. Ses yeux sont fermés, mais pas endormis — ils semblent écouter intensément. Ses traits sont doux, presque douloureux dans leur tendresse. C'est comme regarder un homme qui a enfin le droit d'être tendre, qui a enfin le droit de ne pas brutaliser, de ne pas aboyer. Sa peau, marquée par les années, semble soudainement capable de sentir quelque chose. La musique continue.
Narrator:“En Galice. Dans une lumière que je n'ai jamais vue.”
Panel 5:Plan rapproché du tapis persan. Les motifs rouges et géométriques se déploient sous les yeux du garçon. Ses doigts, petits et fins, touchent la laine râpeuse du tapis. Les motifs semblent former des labyrinthes absurdes, des routes, des veines — tout ce qui mène ailleurs. La texture du tapis, visible de près, est rugueuse, usée par le temps et les pieds de ceux qui l'ont traversé avant.
Narrator:“Assis sur le tapis, à sentir la laine râpeuse contre mes doigts.”
Panel 6:Plan large du salon. La musique continue. Le disque tourne toujours. Le garçon reste assis, observant. The Man reste immobile dans le fauteuil, les yeux fermés, le visage doux. Mais quelque chose dans l'air suggère que ce moment ne durera pas. La lumière du jour commence imperceptiblement à changer, à virer vers l'or de l'après-midi tardive. Le tourne-disque continue sa rotation lente et inutile.
Narrator:“Le disque craque légèrement. Un défaut. Une cicatrice sonore.”
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Panel 1:Gros plan sur le visage du garçon. Ses yeux sont fixés sur son père, mais son expression a changé. Il y a une sorte de crainte, une compréhension précoce que ce moment ne durera pas. Ses traits reflètent une maturité précoce — l'enfant qui sait déjà que la beauté est suspecte, que ça ne dure pas, que ça coûte trop cher. Il serre légèrement les lèvres, comme s'il retenait quelque chose.
Narrator:“Ça me rassure. Parce que tout le reste menace de devenir beau.”
Panel 2:Plan large du salon. La musique joue toujours. The Man reste dans le fauteuil, le visage doux et fermé, les yeux toujours fermés. Mais quelque chose dans son corps suggère que la transformation est presque terminée. Ses mains commencent à se contracter légèrement sur les accoudoirs. Le garçon le regarde fixement, attendant. Le tourne-disque tourne. La lumière de l'après-midi remplit la pièce. C'est un moment suspendu, une respiration avant la chute.
Narrator:“Et la beauté, chez nous, c'est suspect.”
Panel 3:Gros plan sur les yeux de The Man. Ses paupières commencent à se soulever. Le moment de transformation touche à sa fin. Ses yeux, qui étaient fermés dans cette douceur rare, commencent à s'ouvrir. Et dès qu'ils s'ouvrent, la douceur disparaît. C'est comme si une lumière s'éteignait dans une pièce vide. Ses yeux redeviennent ce qu'ils étaient — fermés, durs, défensifs.
Narrator:“Quand la musique s'arrête, il rouvre les yeux.”
Panel 4:Le visage de The Man, maintenant complètement revenu. La douceur a disparu. Il y a une dureté nouvelle dans ses traits, une fermeture. Ses mâchoires se contractent. Son expression est celle d'un homme qui revient à lui-même, à sa carcasse habituelle. Il regarde vers le bas, ou vers le côté, comme s'il ne pouvait pas supporter de regarder ce qu'il a été pendant ces quelques minutes. La transformation est complète et irréversible.
Narrator:“La douceur disparaît. D'un coup. Comme une lumière qu'on éteint.”
Panel 5:Plan large du salon. The Man se lève du fauteuil, son corps se mouvant avec une raideur nouvelle. Il tousse, crache presque, sa main se levant à sa bouche. Le garçon, assis sur le tapis, le regarde se lever. C'est un mouvement de retour à la normalité — banal, ordinaire, presque violent dans son ordinarité. Le tourne-disque continue de tourner dans le vide. Le disque s'arrête presque.
Narrator:“Il tousse, crache presque, se lève pour aller pisser ou allumer une autre cigarette.”
Panel 6:Gros plan sur le disque du tourne-disque. Le disque continue de tourner, mais la musique s'est arrêtée. L'aiguille tourne dans le vide, créant un bruit de crépitement doux. Le disque noir tourne lentement, inutilement, comme un cercle sans fin. C'est une image d'absence, de vide, de continuation sans sens.
Narrator:“Le tourne-disque continue de tourner dans le vide. Un cercle inutile.”
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Panel 1:Plan large du salon. The Man a quitté la pièce. Le garçon est seul, assis sur le tapis persan, fixant le tourne-disque qui tourne toujours. Son expression est celle de quelqu'un qui désire ardemment que quelque chose se reproduise, mais qui sait déjà que c'est impossible. Ses yeux sont hypnotisés par la rotation lente du vinyle noir. Le salon est redevenu un salon — ordinaire, propre, blanc, vide.
Narrator:“Je reste là, à fixer le vinyle noir, hypnotisé par sa rotation lente.”
Panel 2:Gros plan sur le visage du garçon. Son expression est figée, mélange de désir et de compréhension précoce. Il regarde fixement le tourne-disque, son visage illuminé par la lumière blanche du salon. Il y a une sorte de deuil dans ses traits — le deuil de quelque chose qu'il vient de voir et qui ne reviendra pas. Ses yeux sont grands ouverts, fixés, hypnotisés.
Narrator:“J'ai envie que ça recommence. Pas la chanson — non. Juste ce moment où il devient quelqu'un d'autre.”
Panel 3:Plan rapproché du tourne-disque. Le disque tourne toujours, lentement. L'aiguille repose sur le vinyle noir, créant un bruit doux de crépitement. Les sillons du disque sont visibles, comme des cicatrices ou des labyrinthes. La rotation est hypnotique, inutile, mais continue. C'est une image de perpétuation sans sens, de continuation sans direction.
Narrator:“Juste ce moment où il devient quelqu'un d'autre. Quelqu'un que j'aurais pu aimer sans méfiance.”
Panel 4:Plan large du salon. Le garçon est toujours assis sur le tapis, mais maintenant il semble plus petit, plus isolé. Le salon s'étend autour de lui — blanc, propre, vide. Le tourne-disque tourne toujours, mais il n'y a plus de musique. Les murs blancs, les meubles en bois, tout semble avoir repris sa forme ordinaire. C'est un retour à la réalité, brutal et complet.
Narrator:“Mais le salon redevient un salon.”
Panel 5:Gros plan sur le tapis persan. Les motifs rouges et géométriques, qui semblaient mener ailleurs, redeviennent simplement un tapis. Les labyrinthes absurdes, les routes, les veines — tout cela n'était que de la laine et des motifs. Le garçon est assis dessus, ses petites mains reposant sur le tapis usé. C'est une image de réduction, de retour à l'ordinaire.
Narrator:“Le tapis redevient un tapis.”
Panel 6:Plan large du salon. The Man revient dans la pièce. Il tient une cigarette à la main, ou un verre. Son expression est celle d'un homme ordinaire, usé, sans grâce. Le garçon le regarde revenir. C'est le retour à la normalité — complète, irréversible. Le moment de transformation est terminé. The Man s'écrase à nouveau dans le fauteuil, ou se dirige vers une autre pièce. Le salon redevient un salon.
Narrator:“Et mon père redevient un homme.”
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Panel 1:Plan large du salon vide. Le tourne-disque continue de tourner dans le silence. Le disque est maintenant complètement arrêté, mais le plateau tourne toujours, vide. Le garçon n'est plus visible — il a quitté la pièce. Les murs blancs, les meubles en bois, le tapis persan — tout est figé dans une immobilité complète. C'est une image de fin, de conclusion sans résolution. La lumière de l'après-midi remplit la pièce vide.
Narrator:“Game over, déjà.”
Panel 2:Gros plan sur le disque du tourne-disque. Le disque noir tourne toujours, lentement, sans fin. L'aiguille ne joue plus — elle repose simplement sur le vinyle, créant un bruit doux et vide. C'est une image de perpétuation inutile, de continuation sans sens. Les sillons du disque sont visibles, marqués par le temps et l'usure.
Narrator:“Un cercle inutile. Comme nous.”
Panel 3:Plan rapproché de la pochette du disque. C'est la pochette de « Un canto a Galicia » de Julio Iglesias. L'image sur la pochette montre un paysage de Galice — des collines, une lumière lointaine, quelque chose d'ailleurs. Le titre est écrit en lettres dorées. La pochette est usée, fatiguée, marquée par le temps et l'usage répété. C'est une artefact d'un ailleurs, d'un endroit que le père ne reverra jamais.
Narrator:“Un canto a Galicia, terra nai, terra meiga.”
Panel 4:Plan large du salon. Le tourne-disque est maintenant éteint. Le disque a été retiré et replacé dans sa pochette. Le salon est complètement silencieux et vide. Les murs blancs, les meubles en bois, le tapis persan — tout est figé dans une immobilité absolue. C'est une image de fin complète, de retour à l'ordinaire sans possibilité de transformation.
Narrator:“Mais le salon redevient un salon. Le tapis redevient un tapis.”
Panel 5:Gros plan sur la fenêtre du salon. La lumière de l'après-midi remplit la pièce. À l'extérieur, on voit un paysage suisse ordinaire — peut-être des arbres, une rue, d'autres maisons. C'est un ailleurs qui n'est pas l'ailleurs. C'est la Suisse, pas la Galice. C'est ici, pas là-bas. La lumière du jour remplit tout, ordinaire et froide.
Narrator:“Et mon père redevient un homme. Un homme qui ne sait pas pleurer.”
Panel 6:Plan très large du salon. La pièce entière est visible, vide et blanche. Le tourne-disque est éteint. Le disque est rangé. Le garçon n'est pas visible. The Man n'est pas visible. C'est juste un salon suisse ordinaire, propre et vide, illuminé par la lumière de l'après-midi. C'est une image de solitude absolue, de séparation irréversible. Le moment de transformation est terminé et ne reviendra jamais.
Narrator:“Un homme que j'aurais pu aimer sans méfiance.”
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Panel 1:Retour au visage du garçon, assis seul quelque part — peut-être dans une autre pièce, peut-être plus tard. Son expression est celle d'une compréhension précoce. Il regarde vers le bas, ou vers le côté. Ses traits reflètent la maturité prématurée, la connaissance que le monde n'offre pas de transformation durable, que la beauté est suspecte, qu'elle ne dure pas. Il y a une sorte de tristesse dans ses yeux — la tristesse de quelque chose qu'il vient de voir et qui ne reviendra jamais.
Narrator:“J'ai huit ans, peut-être neuf. Et je sais déjà...”
Panel 2:Plan du salon une nouvelle fois, mais vu d'une perspective différente. Le tourne-disque est au centre de la composition. C'est une sorte de monument à l'absence, à la transformation impossible. Le disque est rangé. L'aiguille est immobile. Tout est figé dans une immobilité complète. C'est une image de ce qui pourrait être, mais ne sera jamais.
Narrator:“Que ce moment où il devient quelqu'un d'autre se reproduise.”
Panel 3:Gros plan sur les mains du garçon. Ses petites mains reposent sur le tapis persan, ou sur ses genoux. Ses doigts sont détendus, mais son expression suggère une tension intérieure. Il semble vouloir faire quelque chose — peut-être remonter le disque, le rejouer, retrouver ce moment de transformation. Mais il ne fait rien. Il reste assis, immobile, attendant quelque chose qui ne viendra pas.
Narrator:“Mais je sais déjà que c'est fini.”
Panel 4:Plan large du salon. Le garçon est assis sur le tapis. The Man n'est pas visible — il est allé pisser, allumer une cigarette, ou simplement disparaître. Le salon est à nouveau vide, silencieux, blanc. C'est un moment de séparation complète, de distance inévitable. Le moment de transformation est terminé et ne reviendra jamais.
Narrator:“Le salon redevient un salon. Le tapis redevient un tapis.”
Panel 5:Gros plan sur le visage du garçon. Son expression est celle de la résignation, mais aussi de la compréhension. Il sait maintenant quelque chose qu'il ne savait pas avant — il sait que la beauté est suspecte, qu'elle ne dure pas, qu'elle coûte trop cher. Il sait que les hommes ne pleurent pas, qu'ils avalent tout, qu'ils confondent dignité et constipation émotionnelle. Il sait que son père ne sera jamais celui qu'il a vu pendant ces quelques minutes. Et il sait que lui-même portera ce savoir pour le reste de sa vie.
Narrator:“Et mon père redevient un homme.”
Panel 6:Plan très large du salon. La pièce entière est visible, vide et silencieuse. Le tourne-disque est éteint. Le disque est rangé. Le garçon n'est plus visible. The Man n'est plus visible. C'est juste un salon suisse ordinaire, propre et blanc, figé dans le temps. C'est une image de fin absolue, de clôture définitive. Le moment de transformation est terminé et n'existe plus que dans la mémoire du garçon.
Narrator:“Game over, déjà.”
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Panel 1:Retour au visage de The Man, mais vu d'une perspective différente. Il est quelque part dans la maison — peut-être aux toilettes, peut-être en train d'allumer une cigarette. Son visage est revenu à sa dureté habituelle. Il n'y a plus de trace de la douceur qu'il a montrée pendant ces quelques minutes. C'est un visage fermé, défensif, ordinaire. C'est un homme qui a avalé sa propre transformation, qui l'a enfouie profondément en lui-même.
Narrator:“Un homme qui ne sait pas pleurer. Qui ne sait pas. Qui n'a jamais appris.”
Panel 2:Plan du salon une nouvelle fois. Le tourne-disque est visible, mais éteint. Le disque est rangé dans sa pochette. C'est une sorte de monument à ce qui aurait pu être, mais ne sera jamais. Le salon est vide, silencieux, blanc. La lumière de l'après-midi remplit la pièce. C'est une image de ce qui s'est passé et ne se reproduira jamais.
Narrator:“Il avale tout, comme ces hommes qui confondent dignité et constipation émotionnelle.”
Panel 3:Gros plan sur la pochette du disque. Le titre « Un canto a Galicia » est visible en lettres dorées. L'image sur la pochette montre un paysage de Galice — des collines, une lumière lointaine, un ailleurs. La pochette est usée, fatiguée, marquée par le temps et l'usage répété. C'est un artefact d'un monde que le père ne reverra jamais, d'une transformation qui ne durera que quelques minutes.
Narrator:“Un canto a Galicia, terra nai, terra meiga.”
Panel 4:Plan du visage du garçon, assis seul. Son expression est celle d'une compréhension précoce et triste. Il regarde vers le tourne-disque, ou vers le vide. Ses traits reflètent la maturité prématurée, la connaissance que la beauté est suspecte, qu'elle ne dure pas, qu'elle coûte trop cher. Il y a une sorte de deuil dans ses yeux — le deuil de quelque chose qu'il vient de voir et qui ne reviendra jamais.
Narrator:“Quelque chose se fissure dans son visage. Une douceur presque obscène, indécente.”
Panel 5:Plan très large du salon. La pièce entière est visible, vide et silencieuse. Le tourne-disque est au centre, éteint et immobile. Le disque est rangé. Le tapis persan s'étend sur le sol. Les murs blancs, les meubles en bois — tout est figé dans une immobilité complète. C'est une image de ce qui pourrait être, mais ne sera jamais. C'est un monument à l'absence, à la transformation impossible.
Narrator:“Je reste là, à fixer le vinyle noir, hypnotisé par sa rotation lente.”
Panel 6:Gros plan sur le tapis persan. Les motifs rouges et géométriques s'étendent. Le garçon est assis dessus, ses petites mains reposant sur la laine. Les motifs semblent former des labyrinthes absurdes, des routes, des veines — tout ce qui mène ailleurs. Mais maintenant, le tapis n'est que du tapis. La magie s'est évanouie. Tout ce qui restait de la transformation s'est dissipé.
Narrator:“Juste ce moment où il devient quelqu'un d'autre.”
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Panel 1:Plan large du salon. Le jour s'écoule. La lumière de l'après-midi commence à virer vers le crépuscule. Le tourne-disque est toujours éteint. Le disque est rangé. Le garçon n'est plus visible. The Man n'est plus visible. Le salon est vide, figé, blanc. C'est une image de fin, de clôture définitive. Le moment de transformation a disparu, avalé par le temps ordinaire.
Narrator:“Mais le salon redevient un salon.”
Panel 2:Gros plan sur le visage du garçon, quelque part dans la maison, peut-être plus tard ce même jour. Son expression est celle de la compréhension et du deuil. Il regarde vers le bas, ou vers le vide. Ses traits reflètent une maturité précoce — l'enfant qui sait déjà que certaines transformations ne durent que quelques minutes, que la beauté coûte trop cher, que les hommes ne pleurent pas.
Narrator:“Le tapis redevient un tapis. Et mon père redevient un homme.”
Panel 3:Plan du salon une dernière fois. Le tourne-disque est visible, éteint et immobile. Le disque est rangé dans sa pochette. Le salon est vide, silencieux, blanc. La lumière du crépuscule remplit la pièce, teintant tout d'or pâle et de gris. C'est une image de fin, d'absence définitive. Le moment de transformation n'existe plus que dans la mémoire du garçon.
Narrator:“Un homme que j'aurais pu aimer sans méfiance.”
Panel 4:Gros plan sur la pochette du disque. Le titre « Un canto a Galicia » est visible en lettres dorées, mais ternies par le temps. L'image sur la pochette montre un paysage de Galice — des collines, une lumière lointaine, un ailleurs. La pochette est usée, fatiguée, marquée par le temps et l'usage répété. C'est un artefact d'un ailleurs que le père ne reverra jamais, d'une transformation qui n'a duré que quelques minutes.
Narrator:“Mais je sais déjà que c'est fini.”
Panel 5:Plan très large du salon. La pièce entière est visible, vide et silencieuse. Le tourne-disque est au centre, éteint et immobile. Le disque est rangé. Le tapis persan s'étend sur le sol. Les murs blancs, les meubles en bois — tout est figé dans une immobilité complète. La lumière du crépuscule remplit la pièce, teintant tout d'or pâle et de gris. C'est une image de fin absolue, de clôture définitive. Le moment de transformation est terminé et n'existe plus que dans la mémoire du garçon.
Narrator:“Game over, déjà.”
Panel 6:Gros plan sur le visage du garçon, assis seul quelque part. Son expression est celle de la compréhension, du deuil, et d'une maturité précoce. Il regarde vers le vide, ou vers le passé. Ses traits reflètent la connaissance que certaines transformations ne durent que quelques minutes, que la beauté coûte trop cher, que les hommes ne pleurent pas, qu'on ne peut pas revenir. Il y a une sorte de fermeture dans ses yeux — la fermeture de quelque chose qui ne s'ouvrira plus jamais.
Narrator:“Un canto a Galicia, terra nai, terra meiga. Un chant à une Galice que je n'ai jamais vue.”





