Le grand tri des caves avant le pont
Une comédie française de quartier, ancrée dans un rituel saisonnier précis : le grand tri des caves avant le week-end prolongé du 8 mai. Dans un immeuble urbain, plusieurs voisins descendent enfin voir 'juste deux cartons' et remontent avec des souvenirs, des objets absurdes, des débats logistiques et l’étrange certitude que tout pourrait encore servir. Le récit joue sur l’observation sociale, les micro-négociations de copropriété, le désordre affectif du printemps et la chaleur discrète des immeubles où tout le monde se connaît un peu sans vraiment se l’avouer.
À trois jours du 8 mai, les habitants d'un petit immeuble français se réunissent pour le grand tri printanier des caves et celliers. Ce qui commence comme une simple soirée de rangement devient une comédie de voisinage où cartons jamais ouverts, un appareil à raclette sans propriétaire clair, des vélos d'enfant devenus minuscules, des conseils non sollicités et une nostalgie très ordinaire créent des tensions comiques, des négociations de palier et des moments touchants de partage. Les voisins découvrent que le désencombrement n'est pas qu'une affaire de rangement, mais une plongée collective dans leurs propres histoires.
CHARACTERS
Monsieur Rousseau
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Mme Dubois
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Mme Martin
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Monsieur Lefevre
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Panel 1:Vue d'ensemble d'un immeuble parisien classique six étages, façade beige avec volets bleus. La porte d'entrée au rez-de-chaussée est grande ouverte. Le ciel est dégagé, le soleil bas crée des ombres longues sur la rue. Des affiches manuscrites scotchées sur la porte annoncent l'événement.
Narrator:“Trois jours avant le 8 mai. Dans ce petit immeuble du 11e, la tradition printanière commence.”
Panel 2:À l'intérieur, dans le couloir du rez-de-chaussée, un homme d'environ soixante ans aux cheveux gris, vêtu d'un pull usé, descend l'escalier en tenant une boîte en carton jauni. Son expression mélange détermination et légère appréhension.
“Monsieur Lefevre: Bon, commençons par le plus ancien.”
Panel 3:Une femme d'une quarantaine d'années, Mme Dubois, sort de son appartement en bas de l'escalier, portant une pile de revues magazines. Elle lève les yeux en voyant Monsieur Lefevre avec son carton.
“Mme Dubois: Vous ouvrez enfin cette boîte? Monsieur Lefevre: Ma femme me l'a demandé hier.”
Panel 4:Gros plan sur le carton jauni. Monsieur Lefevre le pose sur une petite table du couloir. On voit le ruban adhésif en lambeaux, des marques de poussière, quelques inscriptions au stylo bleu à peine lisibles : '1987'.
Panel 5:Mme Dubois se rapproche, intriguée. D'autres portes d'appartement s'ouvrent : une jeune femme avec un enfant de sept ans (Mme Martin), un homme plus âgé avec des lunettes (Monsieur Rousseau). Tous descendant progressivement.
“Mme Martin: C'est commencé? L'enfant peut aider?”
Panel 6:Monsieur Lefevre ouvre le carton avec un petit couteau. Mme Dubois se penche pour regarder. L'intérieur révèle des vieux papiers, des documents jaunis, quelques objets enveloppés dans du papier journal. L'atmosphère est d'attente curieuse.
“Monsieur Lefevre: Eh bien... c'était quoi déjà?”
Narrator:“Parfois, les caves gardent plus que des affaires.”
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Panel 1:Plan large du couloir du sous-sol, très sombre, avec des ampoules nues qui oscillent. Des centaines de cartons s'empilent contre les murs, certains effondrés. Un vieux vélo d'enfant rouillé penche contre une colonne. Des meubles cassés, des cadres vides, des tuyaux qui suintent.
Narrator:“La cave. Trois étages de murs gris, quarante ans d'accumulation.”
Panel 2:Monsieur Lefevre descend l'escalier de pierre, suivi de Mme Dubois et Monsieur Rousseau. Monsieur Rousseau s'arrête net en voyant l'ampleur du désordre. Son visage exprime l'incrédulité.
“Monsieur Rousseau: Mon Dieu. C'est pire que l'année dernière.”
Panel 3:Mme Dubois pointe du doigt vers un appareil à raclette rouillé, couvert de toiles d'araignées, posé sur une vieille chaise en plastique.
“Mme Dubois: Cet appareil à raclette. Qui l'a apporté? Monsieur Lefevre: Pas moi. Monsieur Rousseau: Moi non plus.”
Panel 4:Gros plan sur l'appareil à raclette. Rouille rouge-brun partout, câle électrique noir craquelé, une plaque chauffante noircie. Un autocollant jauni indique '1992'.
Panel 5:Retour en plan large. Mme Martin descend l'escalier avec son fils. L'enfant regarde partout, émerveillé par le bric-à-brac. Mme Martin pose des cartons par terre.
“Mme Martin: Bon, où on commence? Monsieur Lefevre: Le plus vieux d'abord.”
Panel 6:Monsieur Rousseau soulève le vélo d'enfant rouillé. C'est un petit vélo bleu avec des roues minuscules, une clochette rose encore attachée au guidon. Il le tourne pour le regarder sous tous les angles.
“Monsieur Rousseau: Ce vélo... c'était à qui?”
Narrator:“Les caves gardent les secrets des familles.”
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Panel 1:Retour au couloir du rez-de-chaussée. Monsieur Lefevre et Mme Dubois ont commencé à trier sur le sol. Des piles se forment : 'À jeter', 'À donner', 'À garder'. L'enfant de Mme Martin joue avec de vieux jouets en plastique.
“Mme Dubois: Vous ne pouvez pas garder tout ça.”
Panel 2:Monsieur Lefevre ouvre un ancien carton. À l'intérieur, des vêtements des années 1970 : des pulls en acrylique, des chemises à motifs géométriques. Il tient une vieille chemise marron à manches courtes.
“Monsieur Lefevre: Je portais ça en 1975!”
Panel 3:Mme Dubois lève les yeux au ciel avec un sourire. Monsieur Rousseau revient de la cave avec deux boîtes. Mme Martin examine des magazines.
“Mme Dubois: Vous devez les jeter, ces vêtements! Monsieur Lefevre: Non, non... c'est du vintage maintenant!”
Panel 4:Gros plan sur une revue que Mme Martin tient : 'Maison et Jardin, juillet 1988'. Elle feuillette les pages jaunis.
Panel 5:Monsieur Rousseau pose ses deux boîtes par terre. Il croise les bras, l'air déterminé. Monsieur Lefevre regarde les vêtements avec hésitation, les serrant légèrement contre sa poitrine.
“Monsieur Rousseau: Nous avons une limite, Monsieur Lefevre. Monsieur Lefevre: Juste ces chemises...”
Panel 6:Mme Dubois observe la scène avec amusement. Elle tient un vieux cadre doré vide. En arrière-plan, l'enfant de Mme Martin joue avec un vieux jouet en bois.
“Mme Dubois: Vous voyez? C'est pour ça qu'on fait ça.”
Narrator:“Le tri n'est jamais qu'une affaire de rangement.”
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Panel 1:Scène de la cave. Monsieur Rousseau descend l'escalier avec une lampe torche. Mme Dubois le suit. Ils se dirigent vers un coin très sombre, recouvert de poussière.
“Monsieur Rousseau: Il y a quelque chose à l'arrière.”
Panel 2:Gros plan sur un coffre en bois ancien, très poussiéreux, couvert de feuilles mortes et de toiles d'araignées. Monsieur Rousseau pose sa main sur le couvercle.
Panel 3:Monsieur Rousseau soulève lentement le couvercle du coffre. À l'intérieur, des documents, des photos en noir et blanc, un cahier relié en cuir.
“Mme Dubois: Quoi? Qu'est-ce que c'est?”
Panel 4:Monsieur Rousseau tient une photo en noir et blanc. On y voit un groupe de gens en habits de 1950, debout devant l'immeuble. Monsieur Rousseau reconnaît quelqu'un sur la photo.
“Monsieur Rousseau: C'est... c'est l'immeuble. En 1952.”
Narrator:“Parfois, les caves racontent l'histoire de ceux qui les ont habitées.”
Panel 5:Monsieur Rousseau appelle les autres. Mme Dubois, Monsieur Lefevre, Mme Martin et l'enfant descendent l'escalier de la cave, intrigués.
“Monsieur Rousseau: Venez voir ça!”
Panel 6:Tous les voisins sont maintenant autour du coffre, regardant les photos. Monsieur Lefevre pointe du doigt une personne sur la photo. Mme Dubois lit l'inscription au dos.
“Monsieur Lefevre: C'est le Monsieur Gaston! Mme Dubois: Il a écrit une date. '1952, avant le pont'.”
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Panel 1:Retour au couloir du rez-de-chaussée. Les voisins ont étalé toutes les photos du coffre sur une petite table. Monsieur Lefevre examine chaque photo avec attention. Mme Martin tient l'enfant qui regarde aussi.
“Mme Martin: Vous les connaissiez? Ces gens?”
Panel 2:Monsieur Lefevre pointe une photo où on voit l'immeuble avec des façades différentes, pas de voitures, des gens en habits d'époque.
“Monsieur Lefevre: C'était avant le pont. Avant 1960.”
Panel 3:Monsieur Rousseau s'assoit par terre contre le mur, tenant d'autres photos. Il en montre une à Monsieur Lefevre : une femme jeune, souriante, avec un bébé.
“Monsieur Rousseau: Regardez celle-ci. La femme... elle ressemble à...”
Panel 4:Gros plan sur la photo. Une femme jeune, belle, vêtue des années 1950, tient un petit enfant. La photo est légèrement floutée, mais l'expression de la femme est claire : elle sourit tendrement.
Panel 5:Monsieur Lefevre et Monsieur Rousseau échangent un regard. Mme Dubois se rapproche, curieuse. Mme Martin observe la scène, comprenant que quelque chose d'important se dévoile.
“Monsieur Lefevre: C'était sa mère?”
Panel 6:Monsieur Rousseau hoche lentement la tête. Son visage exprime une émotion mélangée : surprise, nostalgie, peut-être une certaine douleur. Il regarde la photo longtemps.
“Monsieur Rousseau: Oui. C'était elle. Je ne l'ai jamais oubliée.”
Narrator:“Certaines découvertes ramènent des souvenirs qu'on croyait perdus.”
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Panel 1:Le couloir est maintenant rempli de piles organisées, de cartons ouverts, de photos étalées. L'atmosphère s'est transformée. Les voisins travaillent ensemble, riant, parlant, partageant des histoires.
Narrator:“Le tri devient plus qu'un rangement. C'est une conversation collective avec le passé.”
Panel 2:Mme Dubois tient l'appareil à raclette rouillé. Elle le présente au groupe avec un sourire amusé.
“Mme Dubois: Et cet appareil à raclette? Quelqu'un le reconnaît?”
Panel 3:Personne ne répond. Tous les voisins se regardent en haussant les épaules, puis éclatent de rire. L'enfant de Mme Martin rit aussi, sans vraiment comprendre pourquoi.
“Monsieur Lefevre: Personne! C'est un mystère!”
Panel 4:Monsieur Lefevre tient le vieux vélo d'enfant bleu avec sa clochette rose. Il le montre à l'enfant de Mme Martin.
“Monsieur Lefevre: Tu veux ce vélo?”
Panel 5:L'enfant s'approche du vélo, émerveillé. Mme Martin place sa main sur l'épaule de son fils. Monsieur Lefevre sourit en voyant la réaction de l'enfant.
“Mme Martin: Vous êtes sûr? Monsieur Lefevre: Il faut qu'il vive, ce vélo.”
Panel 6:Tous les voisins se tiennent debout dans le couloir, entourés de piles organisées, de cartons triés, de photos. La lumière fluorescente crée une atmosphère de fin de journée. Ils se regardent avec satisfaction.
Narrator:“Le grand tri n'était pas qu'une affaire de nettoyage. C'était un acte de communion.”
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Panel 1:Scène extérieure. Les voisins sortent de l'immeuble. C'est maintenant le soir, le ciel est bleu foncé avec les dernières teintes orangées. Ils portent des sacs-poubelle, des cartons pour la déchetterie. Monsieur Lefevre regarde l'immeuble.
“Monsieur Lefevre: Trois jours avant le 8 mai. On l'a fait!”
Panel 2:Monsieur Rousseau tient un petit album relié en cuir, celui du coffre. Il le serre contre sa poitrine, regardant le ciel.
“Monsieur Rousseau: Et ce coffre... je ne savais pas qu'il était là.”
Panel 3:Mme Martin tient la main de son fils. L'enfant pédale lentement sur le vieux vélo bleu, avec la clochette qui tinte légèrement. Il sourit largement.
Narrator:“Une vieille affaire trouve une nouvelle vie.”
Panel 4:Mme Dubois et Monsieur Lefevre rient ensemble. Mme Dubois regarde l'appareil à raclette rouillé, encore emballé dans un sac.
“Mme Dubois: Et cet appareil à raclette? Monsieur Lefevre: Mystère non résolu!”
Panel 5:Tous les voisins se tiennent maintenant côte à côte sur le trottoir, devant l'immeuble. Ils sont fatigués mais souriants. L'immeuble derrière eux est illuminé par les dernières lueurs du crépuscule.
Narrator:“Demain, le 8 mai arrivera. Mais ce soir, l'immeuble respire enfin.”
Panel 6:Gros plan sur les visages des quatre voisins. Chacun porte l'expression de quelqu'un qui vient de partager quelque chose de précieux. Monsieur Rousseau sourit doucement, tenant toujours l'album du coffre.
“Monsieur Rousseau: Merci. Vraiment.”
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Panel 1:Vue de l'immeuble la nuit. Les lumières des appartements s'allument progressivement. Le ciel est noir avec quelques étoiles. La rue est calme et vide.
Narrator:“Trois jours avant le 8 mai, un immeuble parisien a fait son grand tri.”
Panel 2:À l'intérieur de l'appartement de Monsieur Lefevre. Il regarde par la fenêtre, regardant la rue. Sa femme lui apporte une tasse de café. Il sourit.
“Femme de Monsieur Lefevre: Vous avez fini? Monsieur Lefevre: Oui. Enfin.”
Panel 3:Chez Monsieur Rousseau. Il est assis à une table, ouvrant lentement l'album relié en cuir du coffre. Il examine la première page, qui montre des photos de sa mère jeune.
Narrator:“Certains souvenirs attendent d'être redécouverts.”
Panel 4:Chez Mme Martin. L'enfant est couché dans son lit, souriant en pensant au vélo. Une photo du vélo bleu est sur sa table de nuit.
Narrator:“Et quelquefois, les affaires oubliées trouvent les mains qui sauront les aimer.”
Panel 5:Vue large de l'immeuble la nuit. Toutes les fenêtres sont maintenant illuminées. La cave, visible à travers une petite fenêtre de sous-sol, est désormais moins encombrée, plus organisée.
Narrator:“L'immeuble respire.”
Panel 6:Dernier plan : une photo en couleur du groupe de voisins sur le trottoir, pendant le crépuscule. Ils se tiennent ensemble, souriants. En bas de la page, une inscription en lettres blanches : 'Le grand tri des caves avant le pont - Fin de l'acte 1'.
Narrator:“Le 8 mai arrive dans trois jours.”



